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Ma vie avec Liberace

Ma vie avec Liberace
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Avant Elvis, Elton John et Madonna, il y a eu Liberace : pianiste virtuose, artiste exubérant,bête de scène et des plateaux télévisés.

Liberace affectionnait la démesure et cultivait l’excès, sur scène et hors scène. Un jour de l’été 1977, le bel et jeune Scott Thorson pénétra dans sa loge et, malgré la différence d’âge et de milieu social, les deux hommes entamèrent une liaison secrète qui allait durer cinq ans. « Ma Vie avec Liberace » narre les coulisses de cette relation orageuse, de leur rencontre au Las Vegas Hilton à leur douloureuse rupture publique.

Ma vie avec Liberace
Ma vie avec Liberace

Wladiu Valentino Liberace – Lee pour les amis, Walter pour la famille – né en 1919 à West Allis, Wisconsin, d’une mère polonaise et d’un père italien, sera des années 1950 aux années 1970 l’entertainer le mieux payé du monde. Ses spectacles, disques, films, apparitions et spots télévisés attireront une foule toujours croissante de fans, essentiellement parmi la gent féminine.

Liberace est initié à la musique dès son plus jeune âge grâce à son père, joueur de cor d’harmonie. A quatre ans, il se met au piano sous la stricte supervision paternelle, et démontre vite un étonnant talent. Capable de retenir par coeur des morceaux difficiles à sept ans, le jeune prodige sera sensiblement influencé par le grand pianiste polonais Paderewski, qu’il rencontrera une fois à l’issue d’un concert, à Milwaukee. Formé à l’école classique, il multiplie les expériences en s’entraînant au jazz et à la variété dès qu’il en a l’occasion, avant de donner son premier concert à 20 ans avec l’orchestre symphonique de Chicago. Interprétant le concerto pour piano n° 2 de Liszt, il déploie sur le clavier une envergure de main saisissante, qu’il partage avec le compositeur et qui lui permettra de perfectionner la dextérité stupéfiante qui deviendra indissociable de son style.

La vie privée de Liberace a toujours excité la curiosité, malgré la vénération sans faille que lui vouaient ses admiratrices et les dénégations répétées de l’artiste. A l’époque, les célébrités ne pouvaient être gays qu’en privé, elles devaient protéger leur image publique. Dans les années 1950, Liberace intenta un procès, qu’il gagna, contre un journal londonien qui avait insinué qu’il était homosexuel. Dans les années 1980, l’artiste prétendait toujours être hétérosexuel, et sa vie avec Scott Thorson restait cachée. Quand celui-ci s’en remit à la justice pour exiger une pension alimentaire après la rupture, Liberace continua de nier qu’il était gay et qu’ils avaient été amants.

C’est l’un des aspects qui a intéressé Jerry Weintraub : « Je voulais faire un film qui montre notre évolution, qui montre les progrès de l’espèce humaine, de notre pays, du monde entier, par rapport à cette question. Dans certains endroits, les unions entre personnes du même sexe sont aujourd’hui reconnues et admises. Etre gay n’est plus autant stigmatisé. »

Michael Douglas a beaucoup aimé interpréter cette légende des planches : « C‘est une chance immense d’avoir pu jouer ce rôle. Je ne suis pas un imitateur, je sais que je ne serai jamais exactement comme Liberace. Il a donc fallu que je trouve un équilibre : je devais à la fois me sentir à l’aise, convenir à Steven, et plaire à Matt ! C’était une belle histoire d’amour, ces deux hommes étaient vraiment amoureux. Il y a eu beaucoup de bonheur, de rire et de joie, mais ça s’est terminé de façon tragique. »

Matt Damon a lui aussi été séduit par l’histoire de cette relation : « Je crois que Scott l’aimait vraiment, mais que c’était compliqué. Il avait été adopté, il se cherchait une famille – et Lee la lui a donnée. Je crois qu’ils s’aimaient profondément. Ça s’est mal fini, mais ils ont vécu ensemble beaucoup d’instants merveilleux, beaucoup de hauts et de bas, et beaucoup de ces moments que traversent tous les couples qui durent. Je ne pense pas que Scott était un homme intéressé. Je crois qu’il l’aimait vraiment, c’est pour ça qu’il a été aussi blessé à la fin. Oui, leur relation était absurde à certains égards. On vit tous des choses absurdes, mais quand on est dedans, ça ne semble pas si absurde. C’était amusant à faire, mais on ne s’est pas moqués, on a pris le sujet avec beaucoup de sérieux. On s’est amusés mais comme on s’amuse quand on a déjà beaucoup de films derrière soi et qu’on tombe sur un excellent scénario. Richard (LaGravenese) est parvenu à saisir une dynamique très parlante, dans cett relation si complexe. Son scénario m’a convaincu. On ressent l’histoire d’amour, c’est un film sur une relation vraie, qui a duré. C’est ce qui nous a permis d’aborder le film, Michael et moi. On est mariés l’un et l’autre, depuis un moment, alors on a pu s’identifier à cette histoire d’un couple qui s’aime et dont l’amour résiste au temps. Richard a apporté une telle humanité au scénario qu’il m’a été facile de sentir le personnage et sa relation, de les comprendre. »

Ma vie avec Liberace, un film de Steven Soderbergh. Scénario et dialogues de Richard LaGravenese? D’après l’ouvrage de Scott Thorsonet et Alex Thorleifson.
Avec Michael Douglas et Matt Damon.

Article publié pour la première fois le 17/09/2013

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