Culture

Les grands classiques de la littérature à lire

Vue

Il y a des livres comme ça qui inspirent le respect, qu’on est censé avoir lus au moins une fois dans sa vie, ou auxquels on a échappé pendant sa scolarité. Profitez de vos vacances pour enfin les lire.

Malheureusement, Mark Twain disait -avec raison, qu’un classique « est un livre que tout le monde voudrait avoir lu et que personne ne veut lire. » N’ayons plus honte d’avoir cédé à la facilité et lu le résumé du Faust de Goethe sur Wikipedia. Assumons notre répulsion envers les interminables ronchonneries grinçantes de Flaubert. Voici pour vous déculpabiliser, les 15 livres qu’on devrait avoir lus mais c’est pas demain la veille qu’on lâchera le dernier Batman pour se plonger dans l’un de ces « classiques » avec la dévotion de rigueur.

À la recherche du temps perdu, Marcel Proust (1913-1927) Si tout le monde est capable d’en citer la première phrase, très peu de gens (à l’exception de quelques doctorants en lettres insomniaques) sont venus à bout d’À la recherche du temps perdu. Pourquoi me direz-vous ? Eh bien d’abord parce que c’est un sacré pavé (faut quand même se les bouffer les 2400 pages), mais aussi parce que ce brave Marcel a un amour tout particulier pour les descriptions, surtout les très longues descriptions. Forcément, si vous vous attendiez à de l’aventure, des rebondissements et des cliffhangers de tarés, ça rebute un peu. Pendant 7 longs romans, sous couvert de réflexion sur la littérature, l’ami Marcel nous parle de Tata, de Mémé, de la voisine Machine et du cousin Bidule. Voilà.

La Divine Comédie, Dante Alighieri (1307-1321) Outre le fait que ce n’est pas vraiment ce que l’on appelle un petit livre, La Divine Comédie date tout de même du XIVe siècle. Or, qui dit XIVe siècle, dit forcément langage un peu old school et pas évident évident à comprendre. Néanmoins, ça vaut vraiment le coup de s’accrocher, ne serait-ce que pour comprendre les centaines de références à Dante que l’on trouve dans la littérature, le cinéma et la musique depuis sept siècles. Dante descend aux Enfers pour retrouver Béatrice. Il est guidé par Virgile (le poète latin) qui se demande bien ce qu’il est venu faire dans cette galère.

Belle du Seigneur, Albert Cohen (1968) Cité par beaucoup de gens qui ne l’ont pas lu comme le plus grand roman du XXe siècle, Belle du Seigneur ne manque bien sûr pas de qualités. Il faut néanmoins être très motivé pour arriver au bout de ce pavé de plus de 1000 pages, et faire fi du caractère parfaitement antipathique de ses deux personnages principaux. Et surtout de cette cruche d’Ariane qui mériterait bien d’être passée à la moulinette. Cul, engueulade, cul, engueulade, cul, engueulade, le tout sur fond de montée du fascisme dans l’Europe des années 30.

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Le Seigneur des Anneaux, J. R. R. Tolkien (1954) En soi, vous auriez bien lu le Seigneur des Anneaux, surtout que pas mal de vos potes vous ont vanté les mérites de ce roman qui a tout de même inspiré George R.R. Martin pour Game of Thrones et pas mal d’autres auteurs de fantasy. Seulement voilà, depuis vous avez vu les films, vous avez adoré les films, et du coup vous n’avez plus trop la foi de vous coller 1200 pages pour connaître la fin d’un roman dont vous connaissez déjà la fin. C’est vrai que c’est un argument. Pour sauver la Terre du Milieu, il faut buter Sauron, et pour buter Sauron, il faut détruire l’anneau. Et c’est pas coton.

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Richard III, William Shakespeare (1591 ou 1592) Vous avez vraiment aimé Hamlet: de la folie, de la haine et de la violence, des crânes et de la baston. Et Richard III s’annonçait tout aussi réjouissant. Sauf qu’il y a une tripotée de personnages tous plus ou moins cousins, d’interminables soliloques à côté desquels ceux d’Hamlet passent pour d’aimables interjections, bref, on n’y comprend rien et tout ce qu’on en retient, c’est que le Richard du titre est prêt à lourder son royaume pour un vulgaire canasson. Richard III est très déterminé à grimper sur le trône d’Angleterre et dessoude allègrement tout ce qui se trouve sur son chemin-avec une prédilection marquée pour les membres de sa famille.

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L’Iliade et L’Odyssée, Homère (850-750 av JC) vous avez vu Troie et avez été émoustillé bien malgré vous par Brad Pitt en jupette, vous avez ingurgité un nombre conséquent de péplums des 70’s avec monstres en carton et colonnes grecques en plâtre, vous vous pensez mûr pour affronter ces deux longs poèmes épiques dans leur version originale. Sauf que vous n’y comprenez rien, entre le Dieu Machin et le Héros Truc, les périphrases de six pages pour dire qu’il pleut/que le jour se lève/que la ville (mais quelle ville ?) est à feu et à sang, vous font mal au cerveau, et toutes ces histoires maritimes, ça vous donne le mal de mer. L’Iliade relate la Guerre de Troie, L’Odyssée le retour d’Ulysse à Ithaque qui galère bien sa race quand même.

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Guerre et Paix, Léon Tolstoï (1865-1869) L’oeuvre majeure de la littérature russe a été élu Cale-Porte le plus efficace depuis Crime et Châtiment de Dostoïevski. Sûrement la définition la plus exacte du terme « pavé ». Ca parle de guerre et de paix.

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Mémoires d’outre-tombe, François-René de Chateaubriand (1840) Nom à rallonge, vie à rallonge, oeuvre à rallonge. Votre vie est aussi passionnante qu’une paire de charentaises? Même le temps se suicide d’ennui à vos côtés? Ecrivez votre autobiographie. Si ça a bien marché pour François-René, y’a pas de raisons que ça foire pour vous. René et sa sensibilité exacerbée, René à la mer, René en vacances, le retour de René, à côté de ça, même le temps qui suspend son vol chez Lamartine semble passer beaucoup plus vite.

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Syngué sabour. Pierre de patience, Atiq Rahimi (2008) Avec un prix Goncourt dans la popoche, on pourrait se dire que ce livre était une valeur sûre. Eh bah non. C’est tout à la fois écrit avec les pieds et profondément ennuyeux, pour ne pas dire incroyablement chiant. A côté, Les Mémoires d’outre-tombe c’est Game of Thrones. D’une meuf en Afghanistan qui parle à son mari dans le coma. Un monologue de 150 pages comme on les aime.

Ulysse, James Joyce (1918-1920) Interdite à sa parution aux Etats-Unis pour obscénités, la « cathédrale de prose » est l’un des plus brillants échantillons de la littérature du début du XXe siècle. On se rabattra plutôt sur « la cabine-WC publiques de prose » qu’est Harry Potter, au moins on comprend de quoi il retourne. Il y a même un Dedalus quelque part, comme dans Ulysse, alors, c’est presque pareil. Si. Des Irlandais attendent un Anglais, et il y en a un qui se rase (un des Irlandais, pas l’Anglais) et puis ils se posent des questions sur la vie-la mort-tout-ça, et puis une théorie sur Hamlet et généralement, arrivé-e à ce stade des réjouissances, on se pend.

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Mathnawi, Jalâl ud Dîn Rûmî (XIIIe siècle) Un classique de la littérature persane, tellement classique que le terme « mathnawi » désigne aussi un style poétique particulier. Mais de là à le lire, faut pas déconner. Soufisme, spiritualité, lyrisme plein d’esprit, ah tiens le singe mécanique qui joue des cymbales dans le cerveau quand on est en black-out cérébral est de retour.

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Quatrevingt-Treize, Victor Hugo (1874) Dernier roman de Victor Hugo, l’homme-à-tout-faire de la culture française, vous pensez sûrement que ce roman doit être aussi prenant que Les Misérables, aussi spectaculaire que Notre-Dame-de-Paris, et aussi poignant que l’Homme qui rit. Vous pensez mal. Certes, c’est une oeuvre majeure de la littérature comme tout ce qu’a produit Victor Hugo, mais c’est long, c’est compliqué, ça nécessite quand même quelques connaissances historiques, bref, ça ne se lit pas aux toilettes, ou alors seulement en cas de méchante gastro. Les Chouans. Oui y’a eu un film avec Sophie Marceau à poil.

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Gatsby le Magnifique, Francis Scott Fitzgerald (1925) Si vous avez vu le film « Man on the Moon » de Milos Forman, vous vous souvenez sûrement de la scène durant laquelle Andy Kaufman (Jim Carrey) lit devant une assemblée étudiante médusée l’intégralité de Gastby le Magnifique. Si vous ne l’avez pas vu, on vous encourage vivement à le faire afin de saisir la torpeur dans laquelle tout être humain normalement constitué plonge immédiatement au contact de cet immense roman américain. Long Island-fric-Gastbsy (qui est donc magnifique )-cousine Daisy. Il y a eu un film avec Robert Redford, un autre avec Leonardo Di Caprio, alors pourquoi s’emmerder je vous le demande ?

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Raisons et Sentiments, Jane Austen (1811) Considéré comme l’ancêtre de la « chick-litt » (littérature à qualité variable, voire moyenne, destinée majoritairement aux jeunes filles) ce roman est un monument en Angleterre. De là à se l’infliger, la bonne entente franco-britannique a des limites. Très similaire à Orgueils et Préjugés qui ressemble étrangement beaucoup à Mansfield Park. Convenances sociales gna gna gna, pseudo-émancipation gna gna gna, famille pauvre et famille riche gna gna gna, amours contrariées gna gna gna.

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Critique de la Raison Pure, Emmanuel Kant (1781-1787) Faisant l’objet d’un paragraphe de la Convention de Genève (au chapitre « tortures diverses »), ce traité de philosophie a usé les nerfs de nombreux étudiants en philo et tous les lycéens redoutent de tomber dessus au bac philo. Il se murmure qu’il remplace très efficacement la gégène. Un bouquin philosophique écrit par l’homme le plus sinistre du monde, de quoi voulez-vous que ça parle? Vous avez d’autres questions, parce qu’on doit retourner lire Les Animaux de la Ferme, là.

Et vous, quels sont les grands classiques que vous avez lus ?

Article publié pour la première fois le 07/07/2014

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