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Histoire gay : Drôle de dimanche pour Jérémie

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Allongé sur son lit en train de se faire sucer, Jérémie ne tarde pas à se rendre compte qu’il va avoir du mal à venir… il est fatigué, il n’a ni la forme ni le moral et rien ne l’excite vraiment dans cette situation…

Dimanche soir, 23h58, rue de la Colombette.

Au bout d’un moment, il se dégage de sa bouche, il ouvre le tiroir de la table de chevet, il attrape une capote, il l’enfile… un instant plus tard, sa queue glisse entre ses cuisses…
Jérémie commence ses allers retours… il est tendu, il bande dur mais il ne prend pas vraiment son pied, il est pressé d’arriver au bout, il est en nage, il est essoufflé, ce n’est presque pas agréable, c’est mécanique… le cœur n’y est pas… l’angoisse commence à s’emparer de lui, l’angoisse de ne pas y arriver, pire d’avoir une panne… il ferme les yeux, il part ailleurs… et c’est en pensant à quelqu’un d’autre que Jérémie arrive enfin à jouir en ce dimanche soir…

Petit retour en arrière, dimanche matin, 7h50, rue de la Colombette.

Pendant que Nico subit le contrecoup d’un réveil marqué par un retour à la réalité un peu brutal, nous retrouvons Jérémie dans sa salle de bain, nu, les mains posées sur les rebords de la vasque du lavabo, sa chaînette pendouillant au dessus du robinet, se regardant dans le miroir, impatient d’entendre la porte d’entrée claquer, marquant ainsi le départ de Nico.

Oui, Nico vient de connaître un dimanche matin difficile : c’est à cause de la réaction inattendue et plutôt virulente de Jérém suite à des gestes de tendresse qu’il croyait les bienvenus après la nuit magique qu’il venait de passer à ses cotés. Hélas, il faut croire que bien souvent la nuit et le matin ne sont pas pétri de la même pâte.

Le beau brun frémit, ses mains tremblent, son visage empourpré porte les traces de son emportement, son corps sculpté a du mal à tenir en place et à ne pas se laisser aller à des gestes violents pour évacuer la colère qui est en lui ; il a envie de cogner, de se défouler… il finit par détourner son regard de la glace, sa propre image lui étant insupportable… il n’aime pas le type qu’il voit dans le miroir, il n’aime pas ce qu’il voit dans son regard… de l’agressivité, presque de la haine… il est en colère, il l’est contre Nico, il l’est contre lui même…
Jérémie a l’impression que sa vie lui échappe des mains… « qu’est ce qu’il est en train de me faire ce con de Nico ? Pourquoi a-t-il besoin toujours de me tripoter de partout? ».

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Jérémie n’était certainement pas contre une petite pipe ce matin…
« Mais ses mains… elles sont allées trop loin ses mains… il m’a foutu une colère… et c’est normal que je sois en colère… je ne veux pas me laisser caresser par un mec, même par Nico… je ne suis pas pd…»…

Jérémie ressent en lui un mélange de sentiments explosifs et contradictoires, il se sent déchiré, tour à tour sûr de lui, de ce qu’il est, de ce qu’il veut ; un instant plus tard il se sent perdu, sa mauvaise foi lui pète à la figure, il la déteste, il s’y accroche, il se raconte des histoires en étant bien conscient de s’en raconter…

Jérémie est sur les nerfs, Jérém est aux aguets… il attend toujours le claquement de la porte d’entrée… pendant un instant il redoute que Nico puisse faire demi tour et le rejoindre dans la salle de bain… l’idée d’un Nico planté au milieu de sa chambre, hésitant à venir quémander une fois de plus une tendresse qu’il ne saurait pas lui donner, lui apparaît comme insupportable… dans sa tête c’est le gros bordel, ça cogne dans sa tête, il a l’impression que ses tempes vont exploser…Jérémie a par-dessus tout envie de se retrouver seul…

« Qu’est ce qu’il attend pour dégager? Je vais y retourner et je vais le foutre dehors encore plus méchamment… il va comprendre, le con…»…
Jérémie sent une colère de plus en plus grande monter en lui, l’aveugler… il est sur le point de bondir hors de la salle de bain quand il entend enfin le bruit de la serrure accompagné du bruit de la porte qui se referme. La porte n’a pas claqué. Elle a été refermé lentement. Il tend une nouvelle fois l’oreille. Pas de bruit dans la chambre. Nico est parti, il ne viendra plus le faire chier ce matin là. Jérémie est soulagé. Il ferme les yeux, il prend une inspiration profonde. Il souffle. Tétanisé par sa rage, il n’a toujours pas bougé de sa position en appui sur les rebords de la vasque du lavabo. Il remue la tête, il essaye de se débarasser des pensées qui s’accrochent à son esprit troublé… il ouvre l’eau et se rince le visage plusieurs fois à l’eau froide…
Il reste un long moment à regarder dans la glace, comme dans le vide, le visage ruisselant, les cheveux en bataille, essayant d’évacuer tout ce bazar de sa tête. Il sent la fatigue le rattraper, il est tenté d’aller se recoucher illico mais son corps tendu lui réclame une douche. Il fait couler l’eau et il rentre dans la cabine dès que la température lui paraît agréable.

L’eau coule sur sa tête et sur ses épaules, glisse tout au long de son corps, de ses muscles, de sa peau, comme une caresse, apaisante, revigorante. Hélas, ses tensions ne semblent pas vouloir se relâcher si facilement, son esprit est toujours chahuté par des sentiments troublants…
Après une nuit trop courte, le réveil est souvent difficile… et ce n’est par forcement le choc du passage prématuré de l’état de sommeil à celui de veille qui pose le plus souci : le réveil le plus difficile à assumer, le plus dur à appréhender est le réveil des illusions, de celles qu’on a l’impression d’avoir données autant que de celles qu’on se serait crées tout seul… c’est le genre de réveil le plus dur qui soit, celui qui est souvent assorti d’une bonne douche froide…

Oui, quand on ne prête pas gare au mélange et à l’équilibre des éléments, quand on ne prépare pas suffisamment le moment avant de passer sous l’eau, la douche du matin peut se révéler glaciale. Elle l’avait été pour Nico. Il aura beau tourner à fond le robinet de l’eau chaude, elle ne le sera pas moins pour Jérémie.

Toujours d’humeur plutôt massacrante, il retrouvera son lit juste après, pour ne le quitter qu’autour de midi, juste à temps pour manger un bout, avant de se rendre au match de l’après-midi. Vers deux heures il retrouvera Thibault et ses autres coéquipiers pour l’une des dernières compétitions du tournoi. Jérémie transformera deux essais et son équipe gagnera la rencontre haut la main.
 

C’est ainsi que pendant quelques heures, Jérémie trouvera le moyen de s’éloigner du malaise et de la colère du matin et qu’il aura l’impression que tout cela est derrière lui et que plus jamais il ne se trouvera dans un tel état d’esprit… la boisson aidant, entouré de ses potes, de leurs blagues, de leur façon d’être ensemble, entouré de cette convivialité qu’il connaissait par cœur et à laquelle il essayait de participer comme toujours ; l’espace d’un après-midi, enveloppé par cette camaraderie, par cette complicité entre potes qui avaient le don de le faire presque sentir « en famille », Jérém aura l’illusion presque parfaite qu’il était le Jérém de toujours, le Jérém qui contrôlait sa vie et qui était bien dans ses baskets, le Jérém qui se suffisait à lui même, qui ne se posait jamais de questions, le Jérém pour qui il n’y avait que trois buts dans la vie… les potes, le rugby, les meufs… bref, le Jérém que tout le monde connaissait, le Jérém qui était un vrai mec qui ne se fait pas emmerder par qui que ce soit, même pas par une nana… … et certainement pas le Jérém tourmenté et sans couilles qui se met à angoisser dans les bras d’un pd… à bannir, celui-là ! Une fois cette idée chassée de son esprit, la troisième bière faisant des miracles, Jérém ne pensera plus à sa colère du matin, se berçant dans l’illusion que tout reprendrait son cours, que le fait de reprendre en main les commandes de sa vie était certes urgent, mais définitivement à sa portée… Dans la tête de Jérémie, l’illusion était presque parfaite : hélas, une illusion n’est jamais une réalité, elle est fragile ; il suffit d’un élément discordant, pour insignifiant qu’il soit, pour dissiper la plus belle et la plus soignée d’entre elles… Le rappel à la réalité se fera pendant la troisième mi temps : lorsque, au détour d’une conversation entre deux bières, Thibault lui demandera : Ça s’est bien passé le retour de l’Esmeralda… avec Nico… ?

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Question étrange venant de Thibault… question que Jérémie esquivera d’un revers de main non sans éprouver et laisser transparaître un certain embarras… question qui aura le pouvoir de replonger directement le beau brun dans le même état d’esprit du matin… de le faire repenser à Nico, à la nuit précédente, à la haine qu’il avait ressentie au réveil ; oui, la question de Thibault aura le pouvoir de lui ôter toute envie de faire la fête… Jérémie a désormais envie de se retrouver seul… eh, oui, très difficile de faire face à ses tourments, de devoir faire semblant, de faire croire que tout va bien alors qu’à l’intérieur tout va mal, alors que les questions s’emmêlent dans la tête, et que ça nous est impossible d’y donner des réponses claires… Ainsi, prétextant un besoin de repos pour le bac du lendemain, il quittera ses potes aux alentours de 20h30. Il sera chez lui à 20h50. Il reprendra une douche et il s’affalera sur le canapé devant la télé. Il zappera en boucle sur les cinq chaînes existantes, regrettant de ne pas avoir pris l’abonnement à Canal. Il regardera le bazar dans sa chambre, ça ne lui donnera pas envie de s’y mettre. Il regardera ses cahiers de notes en vrac. Ça non plus ça ne lui donnera pas envie… de toute façon le bac c’est demain et pour les révisions c’est foutu… Oui, les révisions… le révisions avec Nico… sacrées révisions… décidemment, tout le ramène à ce con de Nico… et à sa colère…

« Pourquoi ai-je prouvé tant de colère ce matin ? (il ne faut pas qu’il me tripote comme ça… qu’il s’occupe donc de ma queue… il l’a bien cherché, putain, il me colle, j’ai chaud, je viens de jouir, il me colle encore… j’ai besoin d’être seul, de recharger…) Pourquoi ses mains sur mon visage pendant qu’il avalait ma queue m’ont-t-elle mis autant en pétard, alors que cette nuit j’ai accepté et aimé bien plus que ça ? (je ne sais pas, il m’embrouille, il profite de moi quand je suis pas dans mon état normal… il veut me rendre pd comme lui…)… Pourquoi sa branlette au réveil m’a-t-elle autant excité ? (je suis un mec… je bande au réveil…)… Est-ce que je prends du plaisir à le sentir ou à le mater prendre son plaisir à lui? (le mater se branler c’est comme mater un porno… il aurait du me sucer d’abord…)… Ca m’a fait quoi de le faire jouir cette nuit? (c’était dans le feu de l’action, j’ai même pas fait express… il a mouillé sans prévenir…)… Pourquoi je prends autant de plaisir avec lui ? … (parce que je peux me vider les couilles autant que je veux, comme je le veux et lui faire des trucs que je n’ose pas demander aux meufs…)… Pourquoi ai-je eu envie de lui demander de rester ? … (pour le sauter encore, si l’envie m’en prenait, pendant la nuit…)… Pourquoi étais-je dans cet état cette nuit ? … (j’avais trop bu, j’étais naze… des conneries de mec beurré… il m’a chauffé… il m’a cherché, il me casse les couilles… il me prend la tête… il en fait toujours trop… ses caresses, son sourire, ses baisers sur mon cou, sur mon visage, sur mes lèvres… pourquoi il fait ça ?… pourquoi il m’a embrassé, ce pd ? j’ai eu envie de le frapper… je me suis rebiffé… j’avais envie de lui arracher la lèvre… je me suis arrêté juste à temps…)… Pourquoi je me suis énervé en voiture quand il m’a parlé de cet abruti qui voulait le coincer dans les chiottes de l’Esmé ? Pourquoi ai-je senti un pincement désagréable en l’imaginant en train de faire une gâterie au type ? … (j’ai eu peur que le mec le tape… qu’il l’oblige à lui faire des trucs… ce type ne peut pas le toucher… ni le frapper, ni l’obliger à… Nico est à moi… il ne peut pas aller voir d’autres mecs… je ne vais jamais accepter ça… si jamais il me fait ça, je ne pourrai plus le baiser… putain… vraiment il me prend la tête…)… Pourquoi le regard de Nico m’a fait sentir si bien quand le type est parti sans demander son reste après être revenu à la charge ? … (il fallait voir comment Nico m’a regardé après que j’ai foutu sa raclée au type… j’étais carrément son héros, son Dieu vivant, jamais personne ne m’a regardé ainsi…)…

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Jérémie se sent emporté par le flux de ses pensées, trop de questions dans sa tête, trop de réponses données à la va vite à défaut d’être crédibles, des réponses bidons… Sont-elles bien les bonnes questions, les seules questions ? et du coté des réponses ??? tout semble facile quand on botte en touche… mais à bien y penser… il y a trop de ressentis de la nuit précédente qui remontent à son esprit, ils sont si troublants, et les questions qu’ils semblent poser si énormes, qu’elles ne trouvent pas d’écran assez grand dans la tête déjà trop remplie de Jérémie pour s’afficher…

Se poser des questions c’est humain, et il est plutôt signe d’une bonne et saine attitude face à la vie. Hélas, le tout n’est pas de se poser des questions, pour avancer il faut se poser les bonnes questions. Mais quand les bonnes questions font peur, on essaie avant toute chose de les enrober avec des questions plus anodines, des questions qui permettent de donner les réponses qui nous rassurent. Ces questions, les vraies questions, Jérém les sens venir, comme les signes annonciateurs d’un ouragan… mais pour l’instant la tornade gronde encore au loin, il décide alors de fermer les volets sur sa conscience et d’ignorer le cataclysme intérieur qui approche…

Jérémie se sent étouffer dans sa petite chambre. Il a envie de s’arracher à ses pensées, il a envie de prendre l’air. De bouger. Il n’a même plus de cigarettes. Très dur quand on est de mauvais poil. Tout pour plaire. C’est 23h00. Il est fatigué, demain c’est le bac philo. C’est pas raisonnable mais il en a besoin. Il va sortir faire un tour. Rentrer dans un pub, boire un coup et lever une nana. Si en plus d’écarter les jambes elle a des cigarettes, ce sera le top.

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Jérémie est dans le couloir du dortoir. Il descend les escaliers et se retrouve dans la petite rue. Le maghrébin débout sur le seuil de l’épicerie de nuit située juste a coté de l’internat le reconnaît et lui souhaite une bonne soirée. Jérémie le salue et tourne à gauche direction boulevard Carnot. Il a envie d’aller place du Capitole, continuer vers la Daurade ou vers le quartier des Carmes. Il y a des endroits sympas par là, avec des jolies nanas. Les terrasses des cafés débordent dans les rue étroites et l’ambiance est à la fête quand la belle saison arrive et les nuits tièdes s’écoulent agréables sur les façades en briques roses des immeubles du centre ville à Toulouse.

Ce soir là, Jérémie aura envie de pousser la porte d’un bar pour oublier ses angoisses. Difficile de savoir ce que Jérémie cherchait ce soir là : peut-être avait-t-il simplement envie de se retrouver seul avec de la présence humaine anonyme en bruit de fond… une bonne bière, un peu de musique, une cigarette ça se grattera toujours… avait-t-il envie de se rassurer en mesurant sa capacité d’emballer au pied levé, besoin réconforter son ego de mâle ? Quoiqu’il en soit, ce soir là Jérémie ne sera pas seul longtemps. Partout où il met les pieds, un garçon aussi beau attire forcement l’attention et les convoitises. Dix minutes après être sorti de chez lui, Jérémie est assis au comptoir du bar devant sa bière, en train de fumer la clope qu’un autre client lui a passée. Quelques minutes plus tard, il voit une silhouette quitter la petite piste de danse au fond du local, s’approcher de lui et prendre place sur le tabouret vide juste à coté du sien. Ca fait un moment qu’il se fait mater. Depuis son arrivée. Des regards, un sourire, une attitude. Il n’a pas cherché ça. Tout d’abord, il s’est employé à faire semblant comme si de rien n’était. Ensuite, face à l’insistance de ce regard, il n’a pas pu se dérober plus longtemps. Leurs regards se sont rencontrés et le processus de séduction s’est enclenché…

Non, ce soir là Jérém n’a pas cherché sciemment à séduire ou à attirer l’attention… il ne l’a pas cherché mais il aurait sans doute été déçu que ça n’arrive pas… Et lorsqu’il a compris que son charme a une fois de plus exercé son effet tout seul, sans effort de sa part, il a laissé faire, jouant la séduction en mode « beau brun ténébreux indifférent ». Arme redoutable, presque non conventionnelle, aussi puissante que celle ayant fait bien de preuves : l’arme « beau brun charmeur ». Un instant plus tard, Jérémie sent ses lèvres fines et sensuelles s’approcher de son oreille, presque l’effleurer, son souffle caresser son cou, une sensation très excitante. « Tout va bien pour toi, bomec ? ». Jérémie ne répond rien, se contentant d’afficher un petit sourire sournois qui ferait craquer n’importe qui. Les nanas en sont folles. Il est rassuré. Il n’a jamais pu sortir quelque part sans se faire brancher ce ne serait que par un regard appuyé. Et ça ne se dément pas. Et ça le flatte. Il a beau être le mec le plus convoité du lycée, à chaque fois que son charme exerce son effet, Jérém ne peut s’empêcher de ressentir une fierté qui se transforme vite en véritable impression de bien être… et ce soir là il a sacrement besoin de se sentir bien dans ses baskets… Ce soir là, il s’entendra dire qu’il est charmant, qu’il a l’air triste mais qu’il est craquant… que c’est dommage qu’un aussi beau garçon ait l’air si seul et si accablé… que ce n’est pas possible qu’un mec comme lui rentre seul chez lui… Jérémie ne répondra que par des regards, au plus des monosyllabes.

 

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En fait, Jérémie ne sait pas trop ce qu’il cherche à cet endroit… à l’origine, il est juste sorti de chez lui pour ne pas se retrouver seul dans sa chambre, pour arrêter de ressasser les dernières 24 heures… pour échapper au générique de fin du film du dimanche soir qui amène avec lui l’angoisse de la fin du week-end et annonce à élèves et employés l’arrivée imminente d’un lundi qui n’enchante guère… Jérémie le sait… il sait qu’il n’a pas forcement besoin d’une aventure… des aventures il en a eu tellement depuis cinq ans que sa vie sexuelle a commencé pour savoir que c’est pas ça qu’il lui faut, pas dans des moment comme celui là… combien de fois, lorsque ça n’allait pas fort dans sa tête, il a cherché à baiser des nanas pour se changer les idées : à chaque fois il en avait fait l’expérience… celle de se retrouver encore plus mal après… Jérémie sait bien qu’une aventure flatte son ego mais finit toujours par laisser un goût amer à la sortie, ce sentiment de solitude et d’abandon sans cesse renouvelé…

Hélas, la chair est faible et son besoin de compagnie ce soir là finit par l’emporter : un quart d’heure plus tard, Jérémie est allongé sur son lit en train de se faire sucer… une pipe est une pipe, mais toutes les pipes ne se ressemblent pas forcement… sous les coups d’une langue et d’une bouche bien moins averties que celles qui ont fait son bonheur la nuit précédente, Jérémie ne tarde pas à se rendre compte qu’il va avoir du mal à venir… il est fatigué, il n’a pas la forme ni le moral et rien ne l’excite vraiment dans cette situation qu’il regrette déjà… dès lors, son imagination se met à errer, cherchant l’image la plus excitante qui soit à ses yeux… et voilà que pendant qu’il se fait sucer ce soir là, Jérémie se surprend à penser à quelqu’un d’autre… Jérémie se surprend à penser à… … à ce petit Nico… à sa façon de s’occuper de lui… «… qu’est ce que je fais là en train de me laisser faire une mauvaise pipe… alors que j’ai envie de lui, je n’ai envie que de lui, envie d’être dans la bouche, envie d’être en lui… de jouir en lui… c’est avec Nico que c’est bon… pourquoi est-ce que je me suis laissé embarquer dans ce plan… il faut que ça cesse, vite»… Au bout d’un moment, il se dégage de sa bouche, il ouvre le tiroir de la table de chevet, il attrape une capote, il l’enfile… un instant plus tard, sa queue glisse entre ses cuisses… Jérémie commence ses allers retours… il est tendu, il bande dur mais il ne prend pas vraiment son pied, il est pressé d’arriver au bout, il est en nage, il est essoufflé, ce n’est presque pas agréable, c’est mécanique… le cœur n’y est pas… l’angoisse commence à s’emparer de lui, l’angoisse de ne pas y arriver, pire d’avoir une panne… …et puis, pendant que ses coups de reins perdent de la vigueur, il se surprend à nouveau à penser à son Nico… au plaisir d’être dans sa bouche, au bonheur d’être entre ses fesses, au plaisir et à l’excitation que lui apporte l’image de Nico prenant son plaisir, un plaisir qui vient du sien… le plaisir de Nico dans la soumission à son propre plaisir de mâle… c’est un plaisir bien autre que ce simulacre qu’il est en train de vivre… Il ferme les yeux et c’est comme s’il était en Nico… il revoit son regard extasié sous ses coups de reins, son envie palpable, son envie de lui, son sourire magnifique la nuit d’avant, juste avant qu’il jouisse… et c’est avec cette image en tête que Jérémie arrive à se lâcher dans la capote, haletant, épuisé, mal dans sa peau, contrarié…

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Jérémie vient de jouir et il se sent épuisé, d’une humeur encore plus massacrante qu’il l’était avant de sortir de chez lui une peu plus d’une heure plus tôt. Il se sent triste, frustré, il n’a qu’une hâte, c’est de se retrouver seul dans son lit. Il en est largement à regretter ce qui vient de se passer. Pour la première fois de sa vie, il regrette une baise. Il la regrette parce qu’il n’a presque pas pris de plaisir. Il regrette d’avoir fait ça alors qu’il n’en avait quasiment pas envie… il regrette presque d’avoir fait ça à Nico… Il se dégage, il enlève la capote et passe à la salle de bain. C’était trop bon… – il s’entendra lancer dès son retour dans la chambre. C’est le genre de compliment qui, sortant de la bouche d’une nana et malgré son attitude indifférente, à toujours ravi l’esprit un brin macho de Jérémie ; cependant, ce soir là ces mots résonnent bien désagréables à ses oreilles. L’excitation passée, sa petite lampe de chevet lui parait jeter une lumière aveuglante sur la bêtise qu’il vient de commettre. Le silence, accompagné d’un regard froid et distant, sera sa seule réponse. Je ne t’ai jamais vu à la Ciguë…

C’est parce que je n’y ai jamais foutu les pieds… Jérémie regarde le mec en train de se rhabiller. C’est un petit blond plutôt bien foutu, mais sa présence le met mal à l’aise. Il se rend compte qu’il est incapable de se souvenir de son prénom. Nouveau, ici ? – insiste le type. Tu peux partir maintenant… – coupe court le beau brun. Je te reverrai ? Non, oublie. C’est dommage… j’ai plein de truc à te faire découvrir… Je survivrai… Mais tu baises comme un Dieu et t’as un engin à se damner… Bon, tu pars maintenant… T’es hétéro, je me trompe ? T’as quelqu’un ? Fous moi le camp avant que je m’énerve… – seront les derniers mots de Jérémie, des mots accompagnées d’un mouvement du buste intimidant qui feront en sorte que le type n’aura plus envie de déconner. Voir un beau corps musclé se contracter et dégager de la colère, un beau regard brun se faire noir et menaçant, ça coupe bien des ambitions. Ça va, ça va… Le type finit se s’habiller sans chercher son reste. Quelques secondes plus tard, il prendra la porte en lâchant une dernière pique : Bye mec, je me souviendrai de toi… J

érémie ne répondra rien, se contentant de prêter attention à une petite voix dans sa tête qui dit sans détour « bah… pas moi, t’arrives pas à la cheville de Nico, personne comme lui sait comment me faire jouir comme un dingue…»… Jérémie est couché dans son lit, dans le noir. Il est fatigué, mais le sommeil ne vient pas. Son esprit est secoué par des vents de plus en plus puissants, la tornade est de plus en plus proche… c’est dur d’accepter des choses dont on a envie mais que l’ont croit mauvaises, on essaie de les éloigner mais on y revient toujours car elles font partie de nous… quand on essaie de résister, de fuir la vérité et qu’elle te revient en face comme un élastique qui pète…

« Pourquoi je suis si bien avec Nico et pourquoi il me manque autant ce soir ? (Nico me fait jouir comme personne d’autre… il n’y a qu’avec lui que c’est vraiment bon… )… Alors pourquoi ai-je éprouvé tant de colère ce matin ? Pourquoi sa présence m’a semblée agréable la nuit dernière alors que ce matin elle m’est parue si chiante ? Pourquoi ses caresses sur mon visage pendant qu’il avalait ma queue m’ont-t-elle mis autant en pétard, alors que cette nuit j’ai accepté et aimé bien plus que ça ? (il ne faut pas qu’il me tripote comme ça… qu’il me colle… mais le fait est que Nico me fait vraiment du bien…)… Pourquoi sa branlette au réveil m’a-t-elle excité ? (je crois que je prends du plaisir à le sentir ou à le mater prendre son plaisir à lui… je deviens dingue…)… Pourquoi ai-je aimé le faire jouir ? (oui, pourquoi ?…)… Pourquoi je prends autant de plaisir avec lui ? … (… son regard, amoureux fou, perdu, charmé… ce petit regard coquin qui me fait cet effet de malade, cette envie de moi qu’il a constamment dans les yeux… je suis un Dieu pour lui…et ça c’est rudement bon)… Pourquoi cette nuit ai-je aimé le prendre dans mes bras ? (…)… Pourquoi cette nuit ai-je eu besoin qu’il me prenne dans ses bras ? … (… jamais personne ne m’a serré contre lui comme Nico… le bonheur de savoir qu’au delà du désir c’est bien quelque chose de plus fort et plus réconfortant que Nico ressent pour moi… je suis bien avec lui…)… Pourquoi ai-je eu envie de lui demander de rester ? … (sur le moment, j’en avais vraiment envie… oui, cette nuit j’avais besoin d’être avec lui… j’étais bien avec lui et… je me suis laissé aller… et il faut bien l’admettre… qu’est ce que ça fait du bien de se laisser aller… cette nuit j’avais bien besoin de ça)…

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Pourquoi étais-je dans cet état cette nuit ? … (…)… Pourquoi me ai-je aimé qu’il me caresse pendant que j’étais en lui ? … (qu’est ce que ça a été bon de coucher avec lui cette nuit, encore meilleur que d’habitude…)… Pourquoi cette nuit ai-je supporté et même… aimé… ses baisers sur mon cou, sur mon visage, sur mes lèvres ? (J’ai l’impression que la nuit dernière j’ai découvert une autre façon de baiser… et c’était bon… ça doit être ça que les nénettes appellent faire l’amour ???… je ne sais pas ce que c’est que de faire l’amour… je n’aime que baiser… mais il faut croire qu’il y a baiser et baiser et cette façon de baiser là, il faut vraiment admettre que ça n’a rien à voir… à force de le baiser, je commence à l’avoir dans la peau ce petit Nico et ça… ça je ne peux pas… je ne peux pas admettre cela, je ne peux pas permettre cela… avec Nico ça ne devait être que de la baise et là ça prend des proportions insupportables…)… Pourquoi ai-je moi même eu envie d’approcher mes lèvres des siennes ? Pourquoi est-ce que j’ai autant aimé ses câlins, sa douceur, ses attentions ? Pourquoi je me suis énervé en voiture quand il m’a parlé de cet abruti qui voulait le coincer dans les chiottes de l’Esmé ? Pourquoi ai-je senti un pincement désagréable en l’imaginant en train de faire une gâterie au type ? … (Nico est à moi, c’est mon Nico…)…

Jérémie voudrait penser à autre chose, mais les dernière 24 heures repassent en boucle dans sa tête, se bousculent, se chassent et se rattrapent les unes les autres, sans cesse… son esprit revient encore et encore au matin même, lui balançant à la figure l’image de ce petit mec meurtri se levant lentement et se dirigeant vers la porte comme un petit animal blessé… à la dernière minute il avait bien eu un sursaut de sensibilité, l’envie de le rattraper, de le serrer à lui, mais il n’avait pas pu… il n’avait pas pu aller jusqu’au bout de son geste, de son intention… et alors il n’avait pas trouvé mieux que de se barrer dans la salle de bain… y rester en attendant le claquement de la porte d’entrée… Pendant un instant il avait redouté que Nico puisse faire demi tour et venir le retrouver dans la salle de bain… il l’avait redouté, il en avait eu envie, il ne voulait pas qu’il vienne, il tendait l’oreille, il avait senti son cœur faire des bonds quand il lui avait semblé d’entendre un bruit ; pendant un instant, l’idée qu’il vienne le rejoindre lui était parue adorable… adorable et insupportable à la fois…

Jérémie savait que si Nico était venu il aurait été méchant avec lui, et qu’il l’aurait regretté ensuite… il avait voulu qu’il ne vienne pas… mais il avait bien envie de voir la porte de la salle de bain s’ouvrir… Et quand il avait enfin entendu la porte claquer, quand Jérémie avait réalisé que Nico était bien parti, qu’il ne viendrait plus, il s’ était senti soulagé… soulagé, frustré et triste à la fois… Nico venait de partir en larmes, écoeuré par ce qui venait de se passer… et Jérémie s’était senti mal à son tour… fautif, coupable, déplorable… « Au fond il ne mérite pas ça… il est si attachant ce petit mec… il cherche juste à me faire plaisir, à me faire du bien et je le traite comme de la merde… je n’arrive pas à arrêter de penser à lui… il me manque déjà… Nico me manque… envie qu’il soit là… mais il faut arrêter, Jérém… Nico s’attache trop, je m’attache trop… on ne peut pas continuer comme ça… on va où comme ça ? … …je dois garder de la distance… je dois remettre de la distance, des limites… au départ il était d’accord pour baiser comme je l’entends, on n’avait prévu rien d’autre… je le baise comme j’en ai envie, il aime se faire baiser… il faut que ça s’arrête là, il faut que ça reste aussi simple et aussi clair… Pourtant, l’image de Nico assis sur son lit meurtri par son comportement ne cesse de le hanter… il prend une bonne inspiration, il se frotte le visage, il essaie de recouvrir ses esprits… ses émotions changent de polarité pour l’énième fois depuis le matin : « Au fond, qu’est ce que j’en ai à foutre de lui… je ne lui ai rien demandé… »…

Toutes sortes de sensations troublantes et contradictoires secouent l’esprit du beau brun ; il s’en veut d’avoir imaginé pendant un instant, au cours d’une nuit qui ne ressemble à aucune autre, que laisser rentrer Nico dans son intimité puisse être envisageable et opportun… « … je ne dois pas lui donner l’illusion que j’ai besoin de lui… pourtant… pourtant c’était vrai à ce moment là… cette nuit j’avais bien besoin de lui, besoin qu’il reste avec moi… mais ce matin je ne supporte plus l’idée de le savoir enlacé à moi, l’idée qu’il ait été témoin de ma détresse… l’idée qu’il puisse avoir pitié de moi… … qu’est ce qui m’arrive ? Je deviens faible, je ne suis plus maître de moi-même… ça ne me ressemble pas, ça ne peut pas être moi… je suis un mec, je ne peux pas me laisser aller de cette façon, et surtout pas avec un pd… il va falloir lui montrer que cette nuit n’a rien changé, que je suis toujours le Jérémie qui a besoin de personne, que je suis fort… je n’ai pas besoin de lui, je ne peux pas avoir besoin de lui… … il faut que je lui montre que ce qui s’est passé cette nuit ne veut rien dire… il faut qu’il comprenne que c’est toujours moi qui dirige le jeu… il ne faut pas qu’il se fasse des illusions… il ne faut pas qui s’attache à moi, mais il ne faut pas non plus qu’il aille voir ailleurs… il ne doit s’intéresser qu’à moi… je vais le baiser tant que j’aurais envie de le baiser, ensuite je le laisserai tomber… non, ce ne sera pas lui qui me laissera tomber, on ne laisse pas tomber Jérémie T… on ne le laisse plus tomber, plus jamais…

Il nous arrive parfois dans la vie de sentir que les événements nous échappent des mains ; parfois c’est si difficile à accepter, que nous essayons longtemps de nier l’évidence. On a toujours peur d’admettre un grand changement, car cela nous amène à devoir reconsidérer notre vie toute entière. On a un mal de chien pour arrêter à maîtriser les tentations qui viennent d’une part un peu plus sombre de nous. Et lorsque notre équilibre est mis à mal par un grand changement que nous n’arrivons pas à accepter, on essaie de se rassurer en prenant des résolutions. Et peu importe qu’elles soient bonnes ou mauvaises ou qu’elles soient manifestement hors de notre portée. Quand on est mal, on essaie de s’accrocher, quand on se sent couler on attrape n’importe quoi pourrait nous tenir la tête hors de l’eau. On appelle cela l’esprit de survie. Mais c’est sans compter avec nos forces qui parfois ne sont pas d’envergure à seconder les ambitions de notre esprit. C’est ainsi que, après avoir pris la résolution d’oublier toutes « ces conneries » et de ne considérer Nico que comme un plan baise, Jérém se retrouvera dans son lit avec les questions qu’aucune résolution n’aura plus jamais le pouvoir de faire taire dans sa tête… …

pourquoi je n’ai pas continué vers les Carmes ? pourquoi le fait de voir ce blond rentrer à la Ciguë juste pendant que je passais sur le trottoir en face m’a donné illico l’envie de traverser la route et de pousser la porte de ce bar, ce pub où je n’avais jamais mis les pieds auparavant et devant lequel j’étais passé mille fois sans même lever les yeux ?… pourquoi ai-je eu envie de décharger ma colère et de me vider les couilles avec un autre mec ? pourquoi ai-je eu envie de savoir si d’autres mecs me font de l’effet… si le contact avec un autre mec est aussi bon qu’avec Nico… … pourquoi j’ai eu autant de mal à jouir… pourquoi j’ai eu besoin de penser à Nico pour jouir… pourquoi la tendresse de Nico m’a autant manqué une fois que j’ai joui, alors qu’avec les nanas je n’avais besoin de rien de plus… … pourquoi je me suis trouvé dans cette galère, avec ce mec pour qui je ne représente qu’un bon coup parmi d’autres, un beau physique, un trophée pour se vanter auprès de ses potes pd… c’est triste de ne se sentir qu’une bite sur pattes alors que pour mon Nico je suis tout et plus que ça encore et qu’il me le fait sentir tout le temps dans son regard … ce regard qui me met parfois en colère, que je repousse méchamment, ce regard reflet de l’amour qu’il me porte et que parfois me fait vraiment peur, ce regard qui me trouble quand Nico le pose sur moi et qui me manque terriblement quand il est loin… ce regard perdu de jeune homme amoureux fou… … pourquoi je me sens mal d’avoir sauté ce mec ? … pourquoi ai-je si peur que Nico en fasse de même ?… pourquoi je me sens mal à l’idée de retrouver Nico demain, de le regarder en face, comme s’il pouvait savoir ce qui s’est passé ce soir et qu’il ne voulait plus de moi comme je ne voudrais plus de lui s’il allait voir ailleurs… j’ai l’impression d’avoir gâché quelque chose… que même si Nico ne saura jamais rien de cette connerie, j’ai peur qu’après ça pour moi ce ne sera plus comme avant… Quand on se pose enfin les bonnes questions, pas sur qu’on ait le cran d’y répondre honnêtement, car la réponse à ces questions là entraîne souvent des questions encore plus grandes et plus puissantes, capables de nous déraciner et de nous emporter à jamais…

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Jérém est mal dans sa peau et n’arrive pas à trouver le sommeil : il a chaud et il a l’impression d’avoir toujours dans des narines et sur sa peau l’odeur de ce type… il se lève, il change les draps, il passe à la douche. Il reste un long moment sous l’eau, hagard, essayant de rassembler ses esprits, essayant de chasser le sentiment de malaise persistant qui a pris la place de la colère du matin. Il se savonne plusieurs fois, il se rince, il laisse couler jusqu’à que l’eau chaude ne le soit plus. L’eau froide rafraîchit sa peau, il la trouve agréable au début, mais il finit par commencer à frissonner et par fermer le robinet presque contrarié. Il a froid, il grelotte. Il est à nouveau en colère. Ça c’est encore du Jérémie. On laisse les choses venir, quitte à se faire surprendre et à être débordé par les événements. Et finir par être énervé par ce qui arrive, même si à bien regarder ce n’est que le résultat de sa propre conduite. Jérém avait vidé son cumulus de toute l’eau chaude, pourtant, il sentait que sa douche n’était pas terminée. Oui, il existe des souillures qu’aucun savon ni douche ont le pouvoir de faire partir. Quand on se sent sali à l’intérieur, à rien ne sert de faire couler l’eau longtemps sur sa peau. Il n’a toujours pas de cigarettes, mais il lui reste un bout de joint. Il le fume en terrasse, nu, profitant de la douceur du soir. Une fois au lit, dans le noir, Jérémie se fera jouir une dernière fois en pensant aux câlins, aux accolades et à la tendresse de la nuit précédente. Et quand les effets combinés du joint et de l’orgasme lui apporteront cette fatigue et cette douceur de l’esprit qui font souvent remonter à la conscience, et parfois même aux lèvres, ce qui est enfoui le plus profondément dans le cœur, Jérém s’endormira en pensant une dernière fois à son Nico…

…Nico, où es tu Nico ? pourquoi je me sens si mal à l’idée d’avoir été si dur avec toi ce matin… je t’ai foutu dehors comme un chien, après t’avoir demandé de rester cette nuit… comment as-tu passé ton dimanche ? Est-ce que tu as passé une journée de tristesse à cause de moi ? Est-ce que tu as pu penser à autre chose ? … pardon Nico, pardon pour tout… Au même moment, à l’autre coté de la ville, dans un autre appartement, un autre beau garçon musclé, couché sous sa couette, n’arrive pas à trouver le sommeil… il repense à son meilleur pote avec qui il était parti en boite le soir d’avant : il le revoit en partir plus tôt que prévu, suite à une bagarre qu’il avait affrontée tout seul et à son insu. Ce petit con de Jé-Jé… toujours en train de se mettre en danger… il le revoit partir accompagné d’un autre garçon, un garçon qu’il connaît à peine, mais qu’il sait être plus qu’un simple ami pour lui…

Oui, ça fait un moment que Thibault sait, qu’il imagine ce qui se passe entre Nico et son meilleur pote à lui… et le malaise évident de Jérém lorsqu’il lui avait posé la question sur son retour de boite cet après-midi là, n’avait fait que conforter son ressenti… Un autre appartement, un autre lit, un autre beau garçon la tête pleine de questionnements et d’envies… un autre plaisir solitaire pour apaiser provisoirement un esprit inquiet et pour amener un sommeil réparateur…

Article publié pour la première fois le 28/06/2015

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