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Gravity vu de la terre dans un court-métrage en ligne

Aningaaq, un court métrage de 7 minutes filmé au Groenland, est le compagnon indispensable à Gravity et apporte un regard neuf au film d’Alfonso Cuaron. À voir sur le clubjimmy en intégralité.

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Aningaaq, un court métrage de 7 minutes filmé au Groenland, est le compagnon indispensable à Gravity et apporte un regard neuf au film d’Alfonso Cuaron. À voir sur le clubjimmy en intégralité.

C’est une scène clé du film d’Alfonso Cuaron. Le docteur Ryan Stone, joué par Sandra Bullock, est pris au piège, à court d’oxygène dans une capsule de la station spatiale russe et appelle à l’aide par la radio de l’engin. Et celle-ci ne parvient malheureusement à entrer en contact qu’avec un homme qui ne comprend pas un mot de ce qu’elle raconte.

C’est l’histoire de cet homme, un Inuit du nom d’Aningaaq, que raconte le court métrage réalisé par Jonas Cuaron, le fils d’Alfonso Cuaron qui a co-scénarisé GravityAningaaq, qui a été présenté à la Biennale de Venise et au festival de Telluride, n’était à la base destiné qu’à figurer parmi les bonus du DVD à paraître. Mais suite à son succès aux deux festivals indépendants, Warner Home Video a décidé de le présenter aux prochains Oscars, dans la catégorie Meilleur court métrage. L’histoire ne dit pas encore si l’Académie accordera à Aningaaq sa nomination, mais on ne doute pas que Sandra Bullock, qui en est membre, lui donnera sa voix… L’actrice qualifiait d’ailleurs récemment le court métrage d’« instant de solitude absolument magnifique ».

Le petit film de 7 minutes apporte un autre regard sur la situation et ajoute à son côté surréaliste. « À ce moment du film, les spectateurs retrouvent l’espoir que Ryan s’en sorte », explique Jonas Cuaron au Hollywood Reporter. « Et puis tout espoir se perd dans (le manque de) traduction. »


« Gravity », la critique en vidéo by Le Monde.fr

Le court métrage a été tourné à l’arrache au Groenland, pour un petit budget de 100.000$ (soit pas beaucoup plus que les billets d’avions pour l’équipe de tournage de 10 personnes…). Et le fils d’Alfonso Cuaron s’est assuré que le film tienne tout seul et ne soit pas tributaire du film. N’empêche qu’il prend une sacrée dimension supplémentaire lorsqu’on a vu Gravity

Drôle de zèbre, cet Alfonso Cuarón. Un cinéaste mexicain, résolument éclectique, qui a grandi à Mexico et fait ses classes aux Etats-Unis, à la télévision. En 2001, il décroche la timballe grâce à Y tu mama tambien, une comédie sensible tournée au Mexique, avec Gael Garcia Bernal. Suivent Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban (2004) et Les Fils de l’homme (2006), film d’anticipation glaçant et original autour d’une Angleterre aux abois, devenue dictature policière. Aujourd’hui, Alfonso Cuarón a décroché la Lune. Space-movie au réalisme stupéfiant, Gravity nous emmène, nous immerge surtout, au cœur du vide intersidéral, tout là-haut, aux portes du néant, d’une possible renaissance aussi. Rencontre avec son chef de mission.

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Autant de contemplation que d’action, priorité aux plans-séquence, économie de dialogues, un seul personnage à la moitié du film : vouliez-vous défier les lois d’Hollywood ?
Je ne pense pas à Hollywood, ni à transgresser ou calculer quoi que ce soit. Je sais qu’en France, vous pensez beaucoup à catégoriser, à définir ce qui est commercial ou non. Je pense pour ma part simplement en terme de cinéma. Et je suis toujours confiant vis-à-vis du public en me disant qu’il partage la même attente de cinéma que moi. Lorsque j’ai commencé à travailler le scénario avec mon fils, Jonas, ce dernier tenait à une chose : que le film nous cloue à notre fauteuil. Il fallait pour cela un suspense maximal, une tension maintenue de bout en bout. Le scénario était lui-même très dense. C’était ce que les studios appellent un « page-turner », un objet impossible à lâcher. Cela aide à convaincre les producteurs. Tant que la structure est bonne, on peut la remplir à sa guise de toutes sortes d’éléments… Ce que nous voulions, c’était suivre la journée d’un personnage confronté à des montagnes russes émotionnelles. Et que tout un chacun puisse s’identifier. L’important était que les thèmes soient signifiés par des métaphores visuelles, pas par la rhétorique. Eviter la rhétorique, c’était le leitmotiv de mon fils.

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N’est-ce pas insolite d’écrire avec son fils ?
J’ai travaillé avec lui comme avec n’importe quel autre scénariste. Mais je tiens à lui rendre hommage, car son énergie m’a souvent inspiré. Il est très pragmatique, plus direct que moi. C’est lui qui m’a incité à retrancher une partie des dialogues, à aller vers des sensations et des sentiments primitifs, à profiter d’une certaine liberté visuelle, métaphorique. Nous avions deux modèles pour ce film, que nous avons évoqués dès le premier jour. Pas du tout des space-movies : il s’agit d’Un Condamné à mort s’est échappé, de Robert Bresson (1956) et de Duel, de Spielberg (1971). Ces deux films ont en commun de suivre un personnage comme en temps réel, avec deux tons complètement différents. Celui de Bresson est dépouillé et contemplatif. Celui de Spielberg correspond davantage à une approche de film d’action. Mais les deux ont des résonances existentielles. Métaphysiques chez Bresson, plus prosaïques chez Spielberg, où le personnage combat une étrange force du mal, un démon qui est presque en lui. La fin de Gravity se rapproche de celle du Condamné à mort s’est échappé. L’héroïne se lève et marche. On ne sait pas ce qui va lui arriver ensuite, si elle ne va pas être de nouveau bloquée. L’important, c’est qu’elle ait échappé au pire, au cours de cette journée.

Atteindre un tel réalisme dans l’action suppose paradoxalement de recourir à pas mal d’effets spéciaux. Jusqu’où êtes-vous allé dans l’avancée technologique ?
La technologie, les effets spéciaux, tout cela, ce n’est qu’un moyen, pas une fin. Il ne faut jamais l’oublier. Les deux objectifs étaient ici d’honorer les lois de la pesanteur et de paraître réaliste à l’image. Or, tout était rendu compliqué par le choix des plans-séquences, auxquels je tenais beaucoup. Moi-même, je ne suis pas du tout une personne technophile. Je sais à peine envoyer des courriels et faire des recherches sur Google… Et pourtant, je me suis retrouvé à orchestrer une caméra-robot, le travail de marionnettistes, l’animation informatique et infographique, et le dispositif révolutionnaire de la « Light Box » [un cube creux éclairé de minuscules lampes LED, dans lequel était enfermée Sandra Bullock]. J’étais en charge avec Emmanuel Lubezki, le directeur de la photo, et Tim Webber, responsable des effets spéciaux, de superviser tout ça. Nous étions sans doute les seuls à comprendre de quoi il s’agissait ! Car chacun avait une tâche qualifiée, très spécifique, sans savoir forcément à quoi elle était destinée dans l’ensemble.

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Combien de temps a réclamé la réalisation de ce film ?
Quatre ans et demi. Car on a tâtonné avant de trouver, de développer ces nouvelles technologies et de les combiner. Toute l’animation était faite avant de démarrer le tournage. Ensuite, il a fallu faire tout coïncider : l’animation, l’éclairage, le tournage de l’action.
De quoi êtes-vous le plus fier ?
De la performance de Sandra Bullock. C’était un véritable exercice d’abstraction pour cela. Elle a joué dans la « Light Box », sans repères, sans avoir de retour. C’était comme une chorégraphie, avec des mouvements très rythmés, très cadencés… Sinon, il y a une séquence que j’aime tout particulièrement et que les gens n’ont pas forcément relevé, à la différence du plan du début ou de celui où la main de Georges Clooney lâche celle de Bullock : c’est le moment où Sandra Bullock est dans la capsule Soyouz. Elle entend et parle soudain à cet homme sur la Terre, mais dont elle ne comprend pas la langue. Elle pleure, se résigne à mourir, s’assoupit. Georges Clooney réapparait, prodigue ses conseils. Puis repart. Elle se fait alors violence, s’efforce de relancer la machine. Tout cela, c’est un seul et unique plan séquence ! On a d’ailleurs fait un court-métrage, qui a été montré à Venise, sur le contrechamp de cette action : le point de vue de celui qui est sur Terre. On y voit la personne qui parle : un Inuit, au fin fond du Groenland.

Le lointain et le proche, la pesanteur et l’apesanteur, l’infiniment grand et l’infiniment petit… Les extrêmes se rejoignent souvent dans votre film.
Absolument. L’espace qu’on voit dans le film est aussi le miroir d’un espace intérieur. Le personnage dérive dans le vide intersidéral, victime de sa propre inertie. Il est dans sa bulle, fermé à toute communication. C’est la situation d’une personne isolée, qui pourrait être seule, quelque part dans une ville, et qui affronte l’adversité. C’est une histoire de renaissance. Des spectateurs y ont vu des sous-entendus spirituels. D’autres des sous-entendus médicaux et organiques. Pourquoi pas… J’y ai vu des sous-entendus biologiques. C’est aussi sur l’espèce humaine, avec la référence à Darwin, à la fin, lorsqu’elle sort de l’eau comme un amphibien, puis se lève sur ses jambes. Avec Jonas, on a pris plaisir à ouvrir le champs des possibles, en matière d’interprétations et d’imaginaire. Nous ne voulions pas dicter un point de vue unique.

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La Nasa a t-elle été consultée ?
Elle n’était pas impliquée, en tant qu’institution. Car il y a trop de casse pour elle, dans le film ! Mais on a fait appel à plusieurs astronautes ayant travaillé pour la NASA, et qui ont servi de consultants. D’autres, qui ont vu le film depuis, comme Jean-François Clervoy, sont très supporters. Et pour cause : ils s’y retrouvent totalement, car ce qu’on montre est fidèle à la réalité. On peut ne pas aimer le film, mais je pense qu’il y a deux choses sur lesquelles on est irréprochable : c’est le respect des lois de la physique et la véracité des outils technologiques employés.
Quel sera votre prochain film ?
J’ai commencé un autre scénario avec mon fils, mais ce « salaud » est très occupé en ce moment, puisqu’il tourne son film, Désert, avec Gael Garcia Bernal. Il va donc falloir que je patiente…


Originally posted 2013-11-28 16:51:57.

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