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Depuis quand l’avortement est légal en France ?

Aiguille à tricoter, tisane, sonde… l’imagination des femmes fut longtemps sans limites face à une grossesse non désirée. Souvent au péril de leur vie […]

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Aiguille à tricoter, tisane, sonde… l’imagination des femmes fut longtemps sans limites face à une grossesse non désirée. Souvent au péril de leur vie

« Je n’ai jamais autant pleuré que pendant ces quinze jours-là. » Claudine Luscher raconte son parcours du combattant pour avorter en 1971. « J’avais 21 ans et je venais de trouver un emploi à Paris. A Genève, un médecin m’avait prescrit la pilule. Mais à Paris, le gynéco n’a pas voulu renouveler l’ordonnance. Malgré l’usage de préservatifs, je me retrouve enceinte. Nous décidons de ne pas le garder. On récupère l’adresse d’un médecin qui fait des IVG en banlieue parisienne. «J’ai été dénoncé à la police. Je ne peux pas vous avorter », m’annonce-t-il le jour du rendez-vous. J’ai pleuré toute la nuit ! Le lendemain, mon copain contacte une « faiseuse » d’anges. Elle passe une heure à essayer de me poser la sonde, sans succès. J’ai très mal. Quand elle sort l’aiguille à tricoter, je lui dis : « Stop ! On arrête là. » J’avais lu beaucoup de témoignages de femmes qui avaient eu l’utérus perforé de cette façon… Je pense alors à la Suisse.

En secret de mes parents, la cousine de mon père me donne une adresse à Genève. Le gynéco me dit qu’une consultation chez un psychiatre est obligatoire et que j’ai intérêt à « avoir l’air moins décontracté ». Je fais mon numéro chez le psy, qui me traite de « petite fille »… Mais je sors avec le papier ! Le lendemain, tout se passe très simplement, avec une anesthésie générale et une aspiration. » Ce genre de témoignage, souligne Jean-Yves Le Naour, historien et coauteur d’Histoire de l’avortement, reste assez rare : « Jusqu’à une période très récente, on n’entendait jamais les avortées. »

Deux lois majeures, en 1810 puis 1920, font de l’avortement un acte criminel

Si la parole est longtemps restée bridée compte tenu des mœurs ou des lois, l’avortement a été présent au fil des siècles, avec une multitude de méthodes et techniques. « L’auto médication par les plantes est la pratique la plus fréquente », indique l’historien. Dès l’Antiquité, les femmes utilisent des tisanes à base de plantes « poison » (comme la sabine, la rue ou l’absinthe) et des recettes, parfois farfelues, qui se transmettent de mère en fille ou via les rebouteux. « Le pédiluve à la moutarde, couramment employé sous la IIIe République, ne donne pas satisfaction ! » précise l’historien. A un stade plus avancé de la grossesse, si toutes ces potions échouent, on en vient aux manœuvres corporelles. « Tomber dans l’escalier, donner des coups dans le ventre, porter des charges lourdes… » Cite Marie-France Morel, présidente de la Société d’histoire de la naissance.

En dernier recours, on introduit des plantes abortives ou des instruments dans l’utérus : aiguille à tricoter, baleine de parapluie, brosse à dent… « Le fait de percer la poche amniotique pour provoquer une fausse couche est plus efficace », souligne Jean- Yves Le Naour. Autre procédé : le décollement de l’embryon par injection d’eau à forte pression dans l’utérus. Ces moyens mécaniques prennent le dessus au XIXe siècle. On estime qu’au moins 5 % des avortées décèdent après ces manœuvres.

Longtemps secrètes mais tolérées, ces techniques commencent à faire l’objet d’une « chasse aux sorcières » au début du XIXe siècle en France, quand médecins et théologiens font remonter les débuts de la vie à la conception. « La plupart des Etats adoptent alors une législation laïque qui criminalise l’avortement », souligne Marie-France Morel. En France, deux lois majeures (1810 et 1920) font de l’avortement un acte criminel pour l’avorteuse et l’avortée.

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Débutent alors les grands procès. En 1891, celui des « avorteuses de Paris » fait la une des journaux. Un an plus tôt, une jeune femme avait été amenée morte à l’hôpital. Après enquête, les policiers découvrent qu’elle a eu un malaise au domicile d’une certaine Constance Thomas, chez qui elle était venue se faire avorter. Celle-ci reconnaît avoir pratiqué des manœuvres abortives sur de très nombreuses femmes en vingt ans. Quelque 150 personnes sont arrêtées et 50 d’entre elles accusées. La faiseuse d’anges et son amant complice sont condamnés respectivement à douze ans de travaux forcés et dix ans de réclusion. Toutes les femmes ayant eu recours à la faiseuse d’anges sont acquittées, ce qui déclenche la colère de certains députés.

Bourgeoisie ou prolétariat : toutes les classes sociales sont concernées

A la fin du XIXe siècle, pourtant, le boucheà-oreille fonctionne à plein pour trouver une avorteuse. Le paradoxe est frappant : « L’avortement est très répandu mais considéré comme un crime », souligne Jean-Yves Le Naour. Toutes les classes sociales sont concernées, mais les bourgeoises ont les moyens financiers leur permettant d’avorter discrètement et sont moins poursuivies en justice. C’est bien plus compliqué et risqué pour les femmes du peuple. Les mentalités commencent néanmoins à évoluer. Alors que le corps médical a longtemps été opposé à l’interruption de la vie in utero, l’avortement thérapeutique est autorisé en 1872.

C’est aussi un moment charnière : « L’avortement quitte la sphère des sociétés savantes pour devenir un problème social et politique », explique JeanYves Le Naour. La natalité, donc l’avortement, deviennent un sujet de politique : les néomalthusiens (dans la lignée des théories de l’économiste anglais Thomas Robert Malthus) militent pour une restriction des naissances. Non pour libérer les femmes, mais parce qu’ils sont persuadés qu’elle entraînera la prospérité dans les milieux prolétariens et, à long terme, l’écroulement de la bourgeoisie.

A l’inverse, sous le régime de Vichy, les « repopulateurs » veulent que les femmes donnent naissance au plus grand nombre d’enfants possible, pour compenser les pertes humaines de la Grande Guerre. L’avortement devient un crime contre la Nation. De 1940 à 1943, le nombre de condamnations passe de 1 225 à 4 055. Pour combien d’avortements? Impossible à savoir : la majorité des actes pratiqués échappe à la justice.

Les féministes mais aussi des médecins militants vont jouer un rôle majeur

Dans les années 1950, commencent l’information des femmes et l’éducation sur la maîtrise des naissances, avec la naissance du Planning familial. En parallèle du baby- boom (plus de 800 000 naissances par an), on dénombre 350 000 avortements. A la fin des années 1960, malgré la légalisation de la pilule, ils restent répandus, concernent tous les milieux, toutes les régions, et essentiellement des femmes de 20 à 35 ans, souvent mariées. Environ 300 d’entre elles en décèdent chaque année, sans compter celles devenues stériles ou gravement mutilées.

Avec le féminisme arrive l’idée du droit des femmes à disposer de leur corps. « Ce sont les féministes, par leur très forte mobilisation après 1968, qui réussissent à forcer les politiques à légaliser l’avortement », souligne Jean- Yves Le Naour. Une poignée de médecins militants jouent aussi un rôle majeur. Après la parution du « Manifeste des 343 salopes » (lire ci-dessous), ils signent en 1973 le « Manifeste des 331 », dans lequel ils avouent pratiquer des avortements avec la méthode de Karman. Ce médecin américain avait mis au point une technique consistant à aspirer le contenu de l’utérus avec une seringue souple.

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Dans l’Assemblée nationale votant la loi Veil, en novembre 1974, huit femmes seulement sont députées. Des catholiques intransigeants font le tour du bâtiment en procession, certains à genoux, pour empêcher que le « mal » entre pendant le débat et que l’IVG soit votée. « Quand il y a des ratés de contraception, il y a enfin une porte de sortie. Cette possibilité n’existait pas avant la loi Veil », analyse Janine Mossuz-Lavau, sociologue et directrice de recherche au CNRS. Deuxième grande révolution du XXe siècle : celle de la dissociation de la sexualité et de la procréation. « N’ayant plus cette peur au ventre quand elles font l’amour, les femmes peuvent accéder au plaisir et n’ont plus à dire à leur partenaire : « Fais attention, retire-toi ! » » ajoute la sociologue. Le couple devient alors décisionnaire du nombre d’enfants qu’ils souhaitent.

En 2015, plus de quarante ans après le vote de la loi Veil, 218 000 femmes ont avorté en France. « Ce chiffre est stable depuis de nombreuses années. Le nombre de femmes en âge de procréer a augmenté, mais le taux de grossesses non programmées a diminué, grâce à la contraception », commente le Dr Danielle Gaudry, responsable de la commission avortement au Planning familial.

Certains départements français sont dépourvus de centres pratiquant l’IVG

Le problème aujourd’hui reste d’une part l’accès à l’information et à la contraception d’une partie des femmes, qui vont parfois subir plusieurs IVG dans leur vie ; d’autre part celui de l’inégale répartition des centres d’IVG sur le territoire. Dans l’Ariège et le Lot-et-Garonne, il n’y en a aucun ! Et en été, les rendez-vous sont très difficiles à obtenir, presque partout. Les femmes doivent alors se rendre dans un autre département pour avorter. Parfois même dans un autre pays européen (notamment aux Pays-Bas) quand le délai légal est dépassé.

« Les solutions de proximité sont insuffisantes. Le gouvernement répond qu’en contrepartie l’IVG médicamenteuse auprès des médecins de ville a été développée. C’est vrai, mais les femmes ne sont pas toujours dans le délai à respecter », souligne le Dr Gaudry. Le Planning réclame que la possibilité donnée aux femmes de choisir la méthode (médicamenteuse ou par aspiration sous anesthésie) soit traduite dans la réalité.

La question de l’IVG reste à l’heure actuelle un sujet de discussion, où se mêlent le droit des femmes à disposer de leur corps, le geste médical et technique, la question morale ou les impacts psychologiques. Et des déclarations de politiques sur l’IVG ou le délit d’entrave (lire ci-dessous) relancent régulièrement le débat. « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant », disait, il y a quarante ans, Simone de Beauvoir…

Par l'équipe Ça m'intéresse

 

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L’essor du football féminin en France

Alors que l’aventure des pionnières du football féminin à Reims a donné lieu à un film, « Comme des garçons », focus sur l’essor du football féminin en France.

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France Info

Alors que l’aventure des pionnières du football féminin à Reims a donné lieu à un film, « Comme des garçons », focus sur l’essor du football féminin en France.

Les prémices du football féminin

Le fait que des femmes, en France, jouent au football et organisent des rencontres, en soi, est ancien puisque cela remonte à la Première Guerre Mondiale. Le premier match a eu lieu il y a cent ans, le 30 septembre 1917.

Un championnat de France de football féminin avait été créé dés 1919, avant de disparaitre dans les années trente.

Après une renaissance dans les années 60, le football féminin est reconnu par la Fédération Française de Football en 1970.

L’année d’après, en 1971, une Coupe du monde féminine, non reconnue par la FIFA, se déroule au Mexique, constituée d’ailleurs presqu’entièrement de joueuses de Reims. Six équipes sont engagées. La France termine cinquième.
Une médiatisation récente

Le championnat de France de football féminin réapparait en 1974.

Depuis 1992, il oppose douze clubs et est très largement dominé par l’Olympique Lyonnais qui a décroché onze titres consécutifs de 2007 à 2017.

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L’OL a aussi remporté à quatre reprises la Ligue des champions -créée en 2001 sous l’appellation Coupe féminine de l’UEFA, avant d’être renommée en 2009 Ligue des champions féminine de l’UEFA.

Les performances de l’OL, celles du Paris Saint Germain, le fait que des clubs professionnels masculins se tournent vers le football féminin ont peu à peu attiré l’attention des médias, et donc du grand public et si l’équipe de France féminine n’a, à ce jour, remporté aucun titre, elle occupe actuellement la cinquième place du classement de la FIFA.

Une volonté politique

L’essor du football féminin est aussi lié à une une vraie volonté de la Fédération de féminiser le football. En 2011, un « plan de féminisation du football » a été mis en place, à tous les niveaux et avec des objectifs précis, à l’initiative de Noël Le Graët.

Men.com 1

A l’époque, en 2011, la Fédération française de football comptait 54 000 licenciées. Aujourd’hui, sur 2,2 millions de licences, 160.000 sont féminines. Très peu de femmes cela dit en vivent et celles pour qui c’est le cas gagnent en moyenne 96% de moins que les hommes -chiffres de l’Observatoire des inégalités-

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Les espoirs que représente le Mondial 2019

Ce qui pourrait vraiment donner un coup d’accélérateur au football féminin est l’organisation de la Coupe du monde l’an prochain en France. Ce sera du 7 juin au 7 juillet 2019. 52 matchs seront au programme dans neuf villes de France.

L’ouverture aura lieu à Paris au Parc des Princes, la finale à Lyon.

Emilie Gautreau décrypte un sujet, un concept, un mot qui fait l’actualité. Un zoom explicatif sur un point de l’actualité.

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C'est la vie

Ce filtre innovant rend l’eau de pluie potable

Vous rêvez d’être indépendant en eau potable ? Direction le Brésil où il est désormais possible de transformer l’eau de pluie en eau potable pour sa consommation personnelle grâce à un système de filtrage intelligent d’épuration

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Vous rêvez d’être indépendant en eau potable ? Direction le Brésil où il est désormais possible de transformer l’eau de pluie en eau potable pour sa consommation personnelle grâce à un système de filtrage intelligent d’épuration

ChoveChuva, en français « Pluie Pluie », est un dispositif brésilien qui permet de filtrer l’eau de pluie pour la rendre potable. Un système idéal pour faire des économies sur la facture et pour agir pour l’environnement.

Un système simple et clair

Le principe est simple, l’appareil permet de filtrer l’eau recueillie dans les gouttières, de séparer les plus gros résidus, de filtrer complètement les déchets, le Ph de l’eau et de tuer les micro organismes, virus et autres bactéries en ajoutant les quantités autorisées de chlore. L’eau est ensuite stockée dans un réservoir. Pour vérifier régulièrement que l’eau filtrée correspond bien aux standards de consommation, un kit est fourni pour analyser les taux de chlore et le Ph de l’eau.


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Une solution économique et écologique

S’il est installé sur un toit de 100m², le système laisse s’écouler environ 15 000 litres d’eau durant les fortes pluies. Elle est bien entendu stockable et prête à la consommation. ChoveChuva est une solution économique puisqu’elle permet aux particuliers d’économiser en moyenne 900 000 litres d’eau par an et 50 % sur leurs factures.

ChoveChuva, qui est actuellement le seul système de ce type au Brésil, est d’ailleurs reconnu efficace pour rendre l’eau de pluie potable par l’ordonnance 2914 du Ministère de la Santé brésilien.

L’initiative est très intéressante et c’est un système innovant qu’on aimerait bien voir en France. En effet, s’il existe des systèmes de récupération et de filtration de l’eau de pluie dans notre pays, la consommation est soumise à la législation et l’eau récupérée ne peut être utilisée que pour les usages domestiques extérieurs au bâtiment, pour les toilettes, et le lavage des sols à l’intérieur.

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C'est la vie

Pourquoi les jeunes animaux jouent-ils plus que les adultes ?

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Les jeux des petits les entraînent aux situations et aux comportements auxquels ils seront confrontés dans leur vie d’adulte : combat, chasse, fuite, coopération, mise en place des liens hiérarchiques, etc.

Les jeux sont ainsi indispensables à la survie future de l’animal. Les adultes des espèces supérieures, comme les canidés (chiens et loups), continuent de jouer.

Ces séances de détente permettent de maintenir la cohésion du groupe. Une exception notable, encore mystérieuse : les chats domestiques jouent quand ils sont matures, alors que les chats sauvages ne le font plus.

Plus l’animal est intelligent, plus il joue !

Plus l’espèce animale est intelligente, plus l’impact du jeu est fondamental et influe sur le cours de sa vie. Les scientifiques ont ainsi constaté que les éléphanteaux mâles ne jouaient pas de la même manière que les jeunes femelles et préféraient les jeux de combat.

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Les éthologistes pensent que les mâles, qui devront quitter le troupeau à un moment ou un autre, apprennent ainsi à se lier avec les autres mâles. Quant aux femelles, dont certaines devront plus tard mener la harde, elles jouent souvent avec les tout-petits.

Les chercheurs ont aussi constaté que le caractère joueur d’un des individus dans le clan était lié à la popularité de l’animal.

 

Avec Ca m'interesse

 

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