Humour bien de chez nous, fantaisie d’esthète, drôlerie distraite… Voici les meilleures comédies made in France (partie 2)

Les visiteurs, de Jean-Marie Poiré (1993)
Certes, ce n’est pas la comédie la plus stylée du cinéma hexagonal, mais elle réussit quelque chose de très français : faire émerger, à partir d’éléments médiocres – un scénario plutôt faible, des personnages grotesques et des effets spéciaux minables – un véritable objet de fascination. Si les médiévaux Jean Reno (“Où sont vos gens ?”) et Christian Clavier (dont le “Okkaaayyy” pourrait faire un retour en grâce courant 2016) y sont pour beaucoup dans cette cavalcade comique, c’est tout de même Valérie Lemercier (“Mais enfin Monsieur Ouille, pas avec votre poncho !”), proprement géniale en aristo de province, qui y déclenche le plus souvent nos zygomatiques.



Les Beaux Gosses, de Riad Sattouf (2009)
Genre 100% américain le teen movie a rarement fait des étincelles de ce côté-ci de l’océan. A ce titre, Les Beaux gosses, premier long du dessinateur Riad Sattouf est un véritable coup de force. Jamais en France on n’avait traité de la sexualité des ados boutonneux avec autant d’humour et de tendresse. De justesse aussi, qu’il s’agisse des gueules impayables des jeunes héros ou de leur langage. De quoi raviver bien des souvenirs de nos années de collégiens onanistes. Porté par un casting au poil (inoubliable Noémie Lvovsky en mère intrusive: “Tu faisais quoi là ? Tu te masturbais”), le film a aussi révélé le génial Vincent Lacoste.



Le Distrait, de Pierre Richard (1970)
Avant de devenir dans les années 80 une immense star en duo avec Gérard Depardieu dans les films de Francis Veber (La Chèvre, Les Compères et Les Fugitifs), Pierre Richard a étrenné son potentiel comique sans limite dans des films plus singuliers où il brillait déjà par la drôlerie naturelle qui le caractérise. Un truc qui ne s’explique pas, mais a forcément trait à la gaucherie légendaire du personnage, qui atteint souvent une dimension poétique derrière sa puissance comique. C’est le cas dans Le Distrait, que l’acteur a réalisé lui-même. Exemplairement dans cette scène où il rentre chez lui après une soirée et s’installe confortablement dans son séjour, mais est interrompu par l’irruption dans la pièce d’un couple en pyjama. Le distrait s’est trompé d’étage. Sous nos yeux ébahis, un héros est né.



Les apprentis, de Pierre Salvadori (1995)
Raconter les aventures de deux colocataires en déshérence (feu Guillaume Depardieu et François Cluzet) torturés par leur égale propension à la glande et échouant systématiquement dans leurs projets d’entourloupe constitue une saine base de poilade. Mensonges à deux balles, faiblesse masculine intrinsèque, amours foireuses, mais aussi épiphanies et rigolades: tous les ingrédients qui font du deuxième film de Pierre Salvadori un manifeste du loser magnifique, ou disons plutôt du slacker angoissé, à la française.



Camille redouble, de Noémie Lvovsky (2011)
Camille redouble, c’est un peu comme si Petites, le deuxième film de Lvovsky, croisait Jack, la comédie sous-estimée de Coppola dans laquelle Robin Williams incarne un enfant prisonnier d’un corps d’adulte. Soit l’histoire de Camille, quadra divorcée avec un penchant pour la bouteille qui se retrouve, après un nouvel an trop arrosé, projeté 25 ans en arrière. La voilà de retour au lycée, mais avec son physique d’adulte, d’où le joli décalage burlesque. Le reste est une histoire de filles. De 4 copines à l’amitié rayonnante et à la joie éclatante. Un des plus beaux films français de ces dernières années (et des plus drôles, mais ça va de soi).



Le roi de l’évasion, d’Alain Guiraudie (2009)
Le plus grand réalisateur français du Sud de la Loire (au moins) depuis le sublime L’Inconnu du Lac (thriller érotique gay à l’humour dévastateur) a toujours fait preuve d’une écriture comique sophistiquée, aussi bien au travers des dialogues, souvent géniaux, que dans son rapport singulier aux corps des acteurs et à leur circulation (son premier moyen-métrage, Du Soleil pour les gueux, et son idéal absurde). Dans Le Roi de l’évasion, un agriculteur gay fâché avec son célibat vit une aventure avec une jeune femme voluptueuse assez justement nommée Curly. En fuite, ils découvrent comme d’autres personnages une étrange plante aphrodisiaque appelée la dourougne. Elle va plonger le petit monde du film dans un joyeux chaos orgiaque et absolument désopilant.



Les trois frères, de Didier Bourdon et Bernard Campan (1995)
7 millions d’entrées, César du meilleur premier film… En 1995, les trois Inconnus font une arrivée fracassante au cinéma avec une comédie qui, contrairement à certains de leurs sketchs cultes, se regarde toujours aussi bien vingt ans après. Du “salut ma biche” en mode queue de cheval au bad trip écrevisse et Disney, Les Trois frères est une succession de gags géniaux joués par des acteurs alors au top de leur forme (mention spéciale à Didier Bourdon, excellent en père magouilleur et bien lâche). La suite de leurs aventures, sortie en 2013, n’a pas connu le même succès, malgré quelques scènes drolissimes (Didier Bourdon qui oblige ses deux frangins à regarder son one man show lamentable dans sa caravane pour nain).



Les tribulations d’un chinois en Chine, de Philippe de Broca (1965)
Ce régal sans lequel OSS 117 et La Tour Montparnasse Infernale n’auraient pas pu voir le jour est une course-poursuite romantique et burlesque qui n’aurait rien de vraiment mémorable si Jean-Paul Belmondo et Jean Rochefort ne passaient pas près de deux heures à jouer les Dumb & Dumber avant l’heure.



Le plein de super, d’Alain Cavalier (1976)
En 1976 sort ce road movie – qui devient aussi un buddy movie, d’ailleurs – dans lequel deux types un peu louches s’incrustent à bord d’un somptueux break américain (un Chevrolet Caprice Estate) qu’un vendeur de voitures, accompagné de son meilleur ami, doit livrer à son acheteur niçois depuis Paris. Bagarres de restoroutes, confidences sexuelles et coups de téléphone sous shit rythment leur périple. Les quatre acteurs sont en apesanteur et la mise en scène est aussi simple qu’enlevée. Cavalier obtiendra dix ans plus tard le César du meilleur film pour le beaucoup plus austère Thérèse.



Incognito d’Éric Lavaine (2008)
Devant cette histoire de contrôleur RATP devenu star de la chanson (Bénabar, qui se révèle bon acteur et également bon co-scénariste) en plagiant les compositions d’un ami de lycée qu’il croyait disparu (Jocelyn Quivrin, hélas vraiment décédé depuis) et qui, pour dissimuler sa nouvelle situation quand celui-ci refait surface, demande à son pote parasite et comédien raté (Franck Dubosc, entre Camping et Disco) d’endosser le statut de châtelain qui l’héberge gracieusement pour faire illusion, on finit hilare. Une comédie populaire très réussie, hélas un peu mésestimée.



La Fille du 14 Juillet, d’Antonin Peretjatko (2013)
A peine élu François Hollande décide d’avancer la rentrée d’un mois. C’est le chaos sur les routes de France, que notre idole Vincent Macaigne parcourt bouteille de champagne au volant et comb-over au vent aux côtés de la ravissante Vimala Pons – aka “la fille du 14 juillet”. Sous ses airs de pastiche Nouvelle vague (quelque part entre Truffaut et Godard – avec un soupçon de Jacques Rozier), le film est la preuve éclatante d’un renouveau de la comédie française. On espère que Peretjatko trouvera un public plus large avec son prochain film.



Les bronzés font du ski, de Patrice Leconte (1979)
La bande du Splendid a souvent raconté que ce n’était pas le film le plus agréable à tourner (plus gros budget, plus d’enjeux donc plus de pression que pour le premier volet). A GQ, on le trouve quand même un cran au-dessus des autres. Peut-être parce que Jean-Claude Duss n’a jamais été aussi incroyable que lorsqu’il donne des leçons de drague à Gérard Jugnot (“Toi et moi on a un peu le même problème, on ne peut pas tout miser sur son physique. Enfin surtout toi”). Mais aussi et surtout parce que Josiane Balasko balance, en plein cours de ski, la meilleure vanne du monde: “Alors les filles, quel est le principal défaut de Bernard?”… “Il est égoïste”… “Ca n’a rien à voir avec le ski…” Du génie.



Les sous-doués passent le bac, de Claude Zidi (1980)
Pas de vrais personnages, pas de véritable intrigue non plus : Les sous-doués est une comédie pure, débile, faite de gags visuels et de figures caricaturales, qui finit par vous avoir à l’usure. Dans une boîte à bac, des cancres menés par Daniel Auteuil (encore bien loin des films de Michael Haneke et Patrice Chéreau) font tout pour rendre leurs profs dingues. Mais une sombre histoire d’attentat islamiste raté (une minable ficelle narrative, déjà risible en soi) les met dans l’obligation d’obtenir le diplôme, sans quoi ils iront en prison. La galerie des techniques de gruge restera dans les annales du cinéma potache dans ce qu’il a de plus jouissif.



A lire également: Les comédies françaises les plus drôles (part. 1)

GQ

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