AccueilC'est la vie10 scandales sexuels qui ont ébranlé l’Histoire

10 scandales sexuels qui ont ébranlé l’Histoire

L’islamologue controversé Tariq Ramadan est incarcéré depuis février 2018 à la suite de plaintes pour viols.

Au total, il est visé par cinq plaintes pour viol en France, aux États-Unis et en Suisse. Une affaire qui mêle religion, sexe et politique ?

On a déjà vu ça dans l’Histoire !

955 : Jean XII, le pape de la luxure

955 : Jean XII, le pape de la luxure

Petit-fils du pape Serge III, Jean XII (Octavien de son vrai nom) est issu du puissant clan des Tusculum, qui règne sur Rome, et est élu à l’âge de 18 ans le 16 décembre 955. Plus jeune pape de l’Histoire, il décroche aussi le titre de plus dépravé ! Car le jeune homme, qui ne parle pas latin, se passionne plus pour la guerre et les femmes que pour la messe et transforme le palais du Latran en un véritable bordel.

Il ne respecte même pas l’église, n’hésitant pas à invoquer les vieux dieux romains ( une hérésie), à ordonner un diacre dans une étable ou à castrer un cardinal ! Chassé de Rome après s’être retourné contre l’empereur germanique Otton, qu’il avait appelé à la rescousse et avec qui il avait scellé une alliance, il est accusé de sacrilège, de simonie, de parjure, de meurtre, d’adultère et d’inceste et excommunié en novembre 963. Il tente un retour quelques mois plus tard, en février 964, réussissant à chasser Léon VIII qui lui a succédé. Mais la foudre divine le frappe aussitôt : il meurt quelques semaines plus tard, le 14 mai 964 après avoir été frappé par un mari jaloux.

 

1501 : Alexandre Borgia, pape et débauché

1501 : Alexandre Borgia, pape et débauché

On ne s’ennuie jamais chez les Borgia ! Le 31 octobre 1501, le Vatican résonne de rires et de chants peu catholiques. Vin à la main, le pape Alexandre VI – né Borgia – contemple ses invités : ducs, évêques, ambassadeurs et cardinaux venus de toute l’Europe ripaillent avec ses enfants illégitimes, la belle Lucrèce, 20 ans – et son fils César, 26 ans. Quand ce dernier tape dans ses mains, une cinquantaine de courtisanes font leur entrée et se dénudent sous les applaudissements des convives. César a une idée : il fait installer des chandeliers sur le sol de marbre et ordonne aux prostituées de suivre un parcours sinueux, nues et à quatre pattes. On leur jette des fruits en récompense. Les hommes qui s’accouplent avec le plus grand nombre de filles sont déclarés « champions » de ces olympiades sexuelles par le fils Borgia… Son père le Pape, s’endort doucement dans sa chaire, l’esprit embrumé par l’alcool et le spectacle de l’orgie. A soixante-dix ans, ce diable d’homme a vécu bien des orgies.

Alexandre VI est né Rodrigo Borgia le 1er janvier 1431 dans une famille noble de Valence. Il est espagnol d’origine mais romain de coeur. A 24 ans, il s’installe dans la «cité éternelle» aux côtés de son oncle, Alphonse Borgia, devenu le pape Calixte III en 1455. Comme lui, Rodrigo veut faire carrière au sein de de l’Eglise. Un mois après son intronisation, Calixte III le nomme notaire du Saint-Siège. Les chroniqueurs de l’époque décrivent le nouveau venu comme « haut de taille, toujours souriant, aux yeux noirs, aux lèvres vermeilles, à la santé robuste, infatigable ». C’est aussi un séducteur invétéré. Les frasques se succèdent… qui ne choquent guère la pudeur de l’époque : hormis la sodomie ou la bestialité, considérés comme des crimes, la sexualité la plus violente est monnaie courante dans toute la société. La conduite scandaleuse de Rodrigo n’est donc pas rédhibitoire. Au contraire. Une trentaine d’années plus tard, dans la nuit du 10 au 11 août 1492, Rodrigo Borgia, père de 4 enfants, devient pape sous le nom d’Alexandre VI.

Ces frasques choquent l’opinion de l’époque. En 1517, dans le Saint Empire Romain Germanique, le moine catholique Martin Luther dénoncera cette corruption morale grâce à son concept de Réforme qui donnera naissance au protestantisme, et marquera la rupture définitive d’une partie des chrétiens avec la papauté.

1611 : Louis Gaufridy, le beau curé qui ensorcelait les nonnes

1611 : Louis Gaufridy, le beau curé qui ensorcelait les nonnes

Les examens médicaux sont formels : lorsqu’on enfonce des aiguilles dans certaines parties du corps de Louis Gaufridy, le curé de la paroisse des Acoules à Marseille, ce dernier est totalement insensible. C’est bien la preuve qu’il est possédé ! Depuis le 17 février 1611, le parlement de Provence, cour de justice saisie par l’inquisiteur Sébastien Michaëlis, interroge cet homme d’église. La raison ? Madeleine Demandolx de la Palud, une jeune religieuse, est en proie à des crises de folie. Aux exorcistes, elle avoue sa liaison sexuelle avec Gaufridy. Scandale ! Elle accuse le prêtre de l’avoir ensorcelée.

Après plusieurs semaines de cachot parmi les rats et la vermine, le curé finit lui-même par douter… puis il avoue ! « Plus d’un millier de personnes ont été empoisonnées par l’irrésistible attrait de mon souffle qui les remplit de passion » déclare-t-il. Le lendemain, il se rétracte. Mais il est trop tard. Accusé de « rapt, séduction, impiété, magie, sorcellerie et autres abominations », il est torturé puis brûlé vif sur un bûcher le 30 avril.

 

 

1632 : la ténébreuse affaire des possédées de Loudun

1632 : la ténébreuse affaire des possédées de Loudun

L’une des premières affaires à connaître un traitement médiatique digne de BFM est celle des possédées de Loudun, en 1632. Dans un couvent installée dans cette petite ville de la Vienne, plusieurs religieuses sont victimes d’hallucinations et de crises de convulsions, comme si elles étaient possédées par le démon. Malgré les exorcismes, « l’épidémie » continue et les sœurs accusent bientôt le prêtre Urbain Grandier, grand séducteur. L’homme a par ailleurs eu la mauvaise idée de signer un pamphlet contre Richelieu et va terminer sur le bûcher.

Cette sombre histoire, où se mêle sorcellerie, machination politique et jalousies, fait la Une des gazettes et se propage dans tout le Royaume. Urbain Grandier nie les accusations de sorcellerie, mais toute la population de Loudun semble s’être liguée contre lui. Plus de 60 témoins l’accusent d’avoir jeté un sort sur le couvent. Après une éprouvante procédure de 7 mois, il est finalement condamné à mourir sur le bûcher.

1889 : un bordel homo pour les Lords anglais

1889 : un bordel homo pour les Lords anglais

Le premier grand scandale politico-sexuel intervient en 1889. C’est le « scandale de West-End », du nom d’un hôtel de ce quartier de Londres.  Un réseau de prostitution de jeunes garçons y est découvert. Particularité ? Il est fréquenté par des membres de la haute aristocratie. Schocking ! Le propriétaire du lupanar, Charles Hammond, recrutait des adolescents et de jeunes adultes travaillant en qualité de télégraphistes pour les postes britanniques.

Les journaux et la rumeur s’emparent de l’affaire, et les noms de Lord Arthur Sommerset, un proche du prince de Galles, et du prince Albert Victor de Clarence (en photo), fils du même prince de Galles, se mettent à circuler. A l’époque, l’homosexualité est considérée comme un crime et la plupart des nobles inquiétés fuient à l’étranger. Il n’empêche : l’idée que l’aristocratie pervertit les masses laborieuses fait alors son chemin.

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1921 : le premier scandale hollywoodien

1921 : le premier scandale hollywoodien

En 1921, Roscoe Arbuckle est au sommet de la gloire. Ancien acteur de vaudeville, chanteur et danseur, il débute au cinéma en 1909 mais accède très vite à la célébrité. Si bien que fin 1919, il signe un contrat d’un million de dollars par an avec la Paramount Pictures pour tourner des longs métrages. Tout bascule le 05 septembre 1921.

Pour le week-end du Labor Day, trois amis, Roscoe Arbuckle, Lowell Sherman et Fred Fischbach organisent une party au douzième étage du St Francis Hôtel de San Francisco. Les rejoignent plusieurs escort-girls et l’actrice Virginia Rappe. Cette dernière est prise de violentes douleurs abdominales. Quatre jours plus tard, le 9 septembre, Virginia Rappe décède d’une péritonite due à une rupture de la vessie. Maud Delmont, une amie de la victime présente lors de la fête, se rend à la police pour déclarer que Virginia Rappe est morte consécutivement à un viol perpétré par Roscoe Arbuckle. Le 11 septembre, Roscoe Arbuckle est arrêté, accusé du viol et de l’homicide de l’actrice.  Ce scandale brisera net sa carrière et il tombera alors dans l’oubli.

1933 : qui a tué le sulfureux Oscar Dufrenne ?

1933 : qui a tué le sulfureux Oscar Dufrenne ?

C’est l’affaire du « crime du Palace ». Le 25 septembre 1933, à l’aube, on retrouve un cadavre au Palace, le célèbre music-hall de la rue du Faubourg-Montmartre, à Paris. Depuis 22 h 30 la veille, un homme gît dans son bureau, la tête recouverte par une carpette, le crâne fendu par 17 coups portés à l’aide d’un objet lourd, probablement une queue de billard. Un carnage. Plus troublant, « le pantalon est ouvert, le caleçon est maintenu par un seul bouton, mettant à nu le ventre et les parties sexuelles », décrit le rapport de police. La présence d’une goutte de sperme au bout de la verge du défunt révèle qu’il venait de faire l’amour. Autrement dit, son assassin a donc très probablement été son amant  quelques minutes avant le crime. La scène est digne du polar le plus glauque.

Mais la personnalité du défunt est encore plus romanesque. Il s’agit d’Oscar Dufrenne, 58 ans, directeur de l’établissement, homosexuel flamboyant, également propriétaire du Casino de Paris. Un homme connu du tout-Paris et dont l’influence est considérable dans le monde de la nuit. Il est en effet président de la Fédération des spectacles, ami des « people » de l’époque (Mistinguett, Jean Sablon). Il grenouille en politique comme conseiller général radical-socialiste du département de la Seine et conseiller municipal du Xe arrondissement. Bref, côté pile, c’est une incontournable figure de la capitale.

Côté face, ça sent le soufre. Ce grand bourgeois adore racoler les jeunes gens sur les Grands Boulevards, se vêtir occasionnellement d’une robe et faire l’amour dans la rue, entouré de ses gardes du corps. On le dit enfin très proche du député et ancien ministre de l’Intérieur Jean Malvy (ce qui est vrai) et franc-maçon (ce qui est faux). Qui a tué Dufrenne ? Et donc qui tenait l’arme du crime, une queue de billard ? Un accusé est bientôt désigné par la police. Un certain Paul Laborie, 23 ans, prostitué occasionnel et proxénète connu sous le sobriquet « Paulo les belles dents ». C’est trop beau pour être vrai, pense l’opinion. Elle crie au complot, certaine qu’il porte le chapeau pour un autre, un « protégé » bien sûr ! Si bien que, lorsque Laborie est relaxé par le tribunal en 1935, les applaudissements retentissent dans la salle. Alors ? Le meurtrier ne sera jamais identifié et justice jamais rendue à Oscar Dufrenne.

1968 : les fausses parties fines de Claude Pompidou

1968 : les fausses parties fines de Claude Pompidou

A la fin de l’année 1968, plusieurs journaux reçoivent des photos de parties fines où l’on peut voir une grande femme blonde. Il s’agit, indique le corbeau, de Claude Pompidou, l’épouse de l’ancien premier ministre du général de Gaulle. Les rumeurs salaces n’empêchent pas Georges Pompidou d’être élu président de la république le 15 juin suivant. Mais il y avait bien volonté de nuire.

Car les auteurs de cette campagne calomnieuse ont choisi un sosie parfait de Mme Pompidou, placée dans des positions très explicites. Qui sont les coupables? Les Renseignements généraux n’ont jamais pu les identifier. Un ancien préfet évoque cependant « un véritable réseau de complicités situées au ministère de l’Intérieur et de la Justice. »

1998 : le « Monica gate » fait vaciller Bill Clinton

1998 : le « Monica gate » fait vaciller Bill Clinton

En 1998 éclate l’affaire Clinton-Lewinsky : le président américain aurait eu une aventure avec une stagiaire de la Maison blanche, Monica Lewinsky, entre novembre 1995 et mars 1997. Des relations sexuelles auraient même eu lieu dans le Bureau ovale. Le président se défend et nie, alors qu’il est sous serment, toute relation sexuelle. Mais les preuves s’accumulent contre l’homme politique (notamment une robe bleue tachée de sperme) et une procédure d’impeachment est même lancée à son encontre (bloquée par le Sénat).

En 2018, vingt ans plus tard, Monica Lewinsky a tenu a préciser dans Vanity Fair qu’elle considérait cette histoire comme la conséquence d’un abus de pouvoir de la part de l’ex président américain : « Il était mon patron. Il était l’homme le plus puissant de la planète. Il était de 27 ans mon aîné, avec assez d’expérience de vie pour mieux savoir. Il était, à l’époque, au sommet de sa carrière, alors que je débutais mon premier emploi hors de l’université ».  « C’est compliqué. Très, très compliqué. La définition du consentement ? Donner la permission pour que quelque chose se passe, poursuit-elle dans le magazine américain. Et pourtant, que voulait dire ce « quelque chose » dans cette situation-là, aux vues des dynamiques de pouvoir, de sa position, et de mon âge ? ».

 

 

2011 : un destin présidentiel qui bascule

2011 : un destin présidentiel qui bascule

Six mois avant les élections présidentielles en France, Dominique Strauss-Kahn fait figure de favori. Directeur général du Fonds Monétaire International, il incarne rigueur et sérieux que requièrent la fonction. Tout bascule dans une suite du Sofitel de new-York, le 14 mai 2011. Nafissatou Diallo, femme de ménage, l’accuse d’agression sexuelle et tentative de viol. S’ensuit une arrestation rocambolesque à bord de l’avion qui doit le ramener en France. Le rapport médico-légal conclura à un viol alors que Dominique Strauss-Kahn soutiendra la thèse d’une relation consentie.

Durant le procès, un accord amiable est trouvé entre Dominique Strauss-Kahn et son accusatrice, Nafissatou Diallo. L’indemnité financière versée à Nafissatou Diallo s’élèverait alors à 6 millions de dollars. Cette transaction financière  mettra fin, sans procès public, aux procédures judiciaires. Cette affaire connaît un retentissement international, entraîne sa démission du poste de directeur général du Fonds monétaire international et l’empêche de se présenter à l’élection présidentielle.

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